Le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réaffirmé une nouvelle fois au Parlement sa détermination à ne pas retirer du circuit législatif le projet de loi n°66.23 régissant la profession d’avocat.
«Il est impossible qu’on me demande de retirer le projet du Parlement, puisque le gouvernement a acheminé le projet en question vers l’institution législative, appelée à l’examiner et à le voter», a-t-il déclaré lors de la séance réservée aux questions orales à la Chambre des conseillers.
Et de souligner: «si je retire ce projet du circuit législatif, c’est que j’interdis à l’institution législative d’accomplir sa mission», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du jeudi 5 février.
Dans ce sillage, indique Assabah, il a fait savoir qu’«il attendrait des avocats des observations écrites», précisant à ce propos son intention «de faire des concessions sur tous les points qui touchent les avocats et portent préjudice à la profession».
Après avoir apporté ces précisions, il a interpellé les partis politiques en leur demandant de lui signifier ce qui touche effectivement les avocats, au lieu de se contenter de l’accuser de porter atteinte à l’indépendance de la profession d’avocat.
L’intervention du ministre a provoqué de vives réactions au sein de l’Hémicycle. Le conseiller Mohamed Belfkih, du Rassemblement national des indépendants (RNI), a vivement défendu la profession d’avocat en s’adressant, à la fin de son intervention, au ministre de tutelle pour lui dire: «vous étiez avocat avant d’être ministre et vous resterez avocat après la fin du mandat gouvernemental».
Cette intervention a provoqué l’étonnement du ministre, qui a répliqué en s’interrogeant sur un éventuel alignement du RNI sur l’opposition au Parlement. Il a enfin réitéré sa détermination à poursuivre le débat pour faire aboutir le projet, en prenant en compte les observations écrites qu’il a demandées dans ce sens aux professionnels et aux partis politiques.






