Diffamation et cyber harcèlement: le parquet de Marrakech ordonne l’arrestation de «Cheikha Trax» et de sa belle-sœur

Cheikha Trax.

Cheikha Trax. . DR

L’affaire de la célèbre chanteuse populaire Fatima Zahra, dite «Cheikha Trax», et de sa belle-sœur connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Placées sous mandat de dépôt, elles devront répondre à de graves accusations liées au cyber harcèlement et à la diffamation.

Le 13/10/2026 à 18h28

Le parquet près le tribunal de première instance de Marrakech a ordonné, ce mardi 13 octobre 2026 dans l’après-midi, le placement en détention provisoire de la chanteuse populaire Fatima Zahra, connue sous le pseudonyme de «Cheikha Trax», ainsi que de sa belle-sœur, prénommée Hiba, à la prison locale d’Oudaya. Elles sont poursuivies pour de lourds chefs d’accusation incluant l’injure, la diffamation et l’atteinte à la vie privée sur les réseaux sociaux.

Cette mesure intervient dès l’achèvement de l’enquête préliminaire par la police judiciaire, qui a auditionné les deux parties et les a confrontées aux faits qui leur sont reprochés, avant de les déférer devant le procureur du Roi. Ce dernier a rejeté la mise en liberté provisoire et les renvoie directement à l’audience.

L’affaire a éclaté sur fond de vives altercations verbales sur les réseaux sociaux, alimentées par la diffusion de vidéos et d’enregistrements audio largement relayés. Parmi ces contenus figure un enregistrement attribué à «Cheikha Trax», dans lequel auraient été tenus des propos injurieux visant les habitants du quartier de Sidi Youssef Ben Ali, à Marrakech. Ces déclarations présumées ont suscité une vague d’indignation parmi les habitants du quartier et les internautes.

Parallèlement, la belle-sœur de la chanteuse a été rattrapée par des poursuites consécutives à une plainte directe déposée par l’artiste elle-même, l’accusant de diffuser des données intimes et de propager des allégations de nature à porter atteinte à sa considération personnelle via les réseaux sociaux. La plaignante et la mise en cause se retrouvent ainsi, paradoxalement, toutes deux derrière les barreaux.

Le tribunal devrait examiner cette affaire dans les prochains jours, au cours d’audiences consacrées notamment aux plaidoiries de la défense et aux réquisitions du ministère public. Ce dossier relance le débat sur la répression de la cybercriminalité au Maroc et sur les limites de la liberté d’expression face aux atteintes à l’honneur et à la réputation d’autrui.

Par Mohamed Lamrikhi
Le 13/10/2026 à 18h28