Tempête Nils: 450.000 foyers encore privés d’électricité dans le Sud-Ouest de la France

Le 12 février 2026, à La Réole (sud-ouest de la France), les services de secours évacuent une habitante de son domicile à bord d'un canot pneumatique, alors que la tempête Nils provoque des inondations exceptionnelles le long de la Garonne. AFP or licensors

Quelque 450.000 foyers sont toujours privés d’électricité vendredi matin, a annoncé le gestionnaire de réseau Enedis, après le passage de la tempête Nils qui a balayé le Sud-Ouest, déjà fragilisé par d’importantes crues.

Le 13/02/2026 à 06h57

«Enedis a réalimenté 50% des 900.000 clients qui étaient privés d’électricité», a écrit l’opérateur dans un point de situation à 06H00. Les régions les plus touchées sont la Nouvelle-Aquitaine (292.000 foyers) et l’Occitanie (153.000 foyers), a-t-il précisé, soulignant l’ampleur des dégâts sur les lignes aériennes et les postes de transformation.

Face à un événement «d’une ampleur historique qui dépasse les prévisions les plus fiables», Enedis a dit avoir mobilisé 3.000 personnes, parmi lesquels 2.100 techniciens. Des renforts venus d’autres régions ont été dépêchés en urgence pour prêter main-forte aux équipes locales, confrontées à des centaines d’interventions simultanées. Chutes d’arbres sur les câbles, pylônes fragilisés, routes coupées: les conditions d’accès aux installations compliquent le travail des agents, qui doivent parfois progresser dans des zones encore inondées.

La tempête Nils, «d’une force peu fréquente» selon Météo-France, a balayé la France depuis sa façade ouest à partir de la nuit de mercredi à jeudi. Elle poursuit à présent «son déplacement vers l’est de l’Europe et n’intéresse plus le pays», indiquent les prévisionnistes vendredi matin. Plus aucun département ne se trouve en vigilance vent vendredi matin, signe d’un retour progressif au calme sur le plan météorologique.

Mais si les rafales ont cessé, leurs conséquences demeurent bien visibles. Dans de nombreuses communes rurales, des toitures ont été arrachées, des arbres déracinés et des routes secondaires rendues impraticables. Les maires ont activé leurs cellules de crise pour coordonner les opérations de déblaiement, tandis que les services départementaux évaluent les dégâts en vue d’éventuelles demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Néanmoins, dans l’Ouest, touché ces dernières semaines par des précipitations abondantes, deux départements (Gironde et Lot-et-Garonne) se trouvent en vigilance rouge pour crues, un niveau d’alerte qui sera maintenu samedi. Les sols, déjà saturés en eau, n’ont pas pu absorber les nouvelles pluies associées à la tempête, aggravant la montée des cours d’eau.

«La situation sur la Garonne en aval d’Agen est à suivre particulièrement: des débordements dommageables sont en cours», écrit Vigicrues dans son bulletin de 06H00. «Les niveaux vont encore augmenter, avec des débordements très importants ce vendredi, notamment sur les tronçons Garonne marmandaise et Garonne girondine.» Plusieurs communes riveraines ont mis en place des dispositifs de protection, avec des sacs de sable et des évacuations préventives dans les zones les plus exposées.

Des centres d’hébergement d’urgence ont été ouverts pour accueillir les habitants contraints de quitter leur domicile. Les autorités appellent à la plus grande prudence et rappellent qu’il ne faut en aucun cas s’engager sur une route inondée, même si le niveau d’eau paraît faible. Les services de secours ont déjà procédé à plusieurs interventions pour porter assistance à des automobilistes imprudents.

Quatre départements des Alpes se trouvent par ailleurs en vigilance orange avalanches. Les importantes chutes de neige associées au passage de la perturbation, combinées à un redoux temporaire, accroissent le risque de départs spontanés en altitude. Les stations de ski recommandent aux pratiquants de rester strictement sur les pistes balisées.

La tempête Nils a provoqué jeudi la mort d’un routier de 55 ans, mortellement atteint par une branche qui a traversé son pare-brise, tandis qu’un agent territorial de 59 ans a été grièvement blessé lors d’une intervention à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) en raison de «la chute d’un arbre», selon la préfecture. Ces drames rappellent la violence des phénomènes observés et les risques encourus, même par des professionnels aguerris.

Vendredi matin, l’heure est donc à la réparation et à l’évaluation. Enedis estime que le rétablissement complet du réseau pourrait encore prendre plusieurs jours dans les zones les plus difficiles d’accès. Les autorités, elles, restent mobilisées face à une séquence météorologique exceptionnelle, mêlant vents violents et crues majeures. Si la tempête s’éloigne, ses effets continueront de se faire sentir tout le week-end, notamment le long de la Garonne, où la vigilance reste maximale.

Par Le360 (avec AFP)
Le 13/02/2026 à 06h57