Présidentielle au Portugal: un favori modéré face à l’extrême droite

Ce montage de photos d'archives, réalisé le 6 février 2026, montre le candidat socialiste José Antonio Seguro (à gauche) brandissant un drapeau portugais le soir du premier tour de l'élection présidentielle portugaise à Caldas da Rainha, le 18 janvier 2026, et le leader du parti Chega (Ça suffit !), candidat d'extrême droite, André Ventura, brandissant un drapeau portugais le soir du premier tour de l'élection présidentielle portugaise à Lisbonne, le 18 janvier 2026. (AFP). AFP or licensors

Antonio José Seguro, socialiste positionné au centre, fait figure de grand favori du second tour de l’élection présidentielle prévu dimanche au Portugal. Il affrontera André Ventura, dirigeant du parti d’extrême droite Chega, devenu en quelques années la deuxième force politique du pays.

Le 08/02/2026 à 08h06

Depuis la victoire de M. Seguro au premier tour, la campagne a toutefois été fortement perturbée par des tempêtes meurtrières qui ont frappé le Portugal au cours des deux dernières semaines. Ces intempéries ont conduit au report d’une semaine du scrutin dans au moins quatorze circonscriptions parmi les plus touchées.

Malgré les protestations d’André Ventura, qui réclamait un report du vote à l’échelle nationale — une option que la loi ne prévoit pas — le second tour se tiendra bien dimanche et les résultats devraient être annoncés dans la soirée.

«Je suis certain que tout sera mis en œuvre pour garantir la sécurité et le bon déroulement de l’acte électoral», a déclaré samedi le Premier ministre Luís Montenegro.

Le scrutin débutera à 08h00 (heure locale et GMT) pour quelque 11 millions d’électeurs, au Portugal comme à l’étranger. Des estimations issues de sondages de sortie des urnes seront diffusées par les chaînes de télévision à partir de 20h00.

Un dernier sondage publié mercredi créditait Antonio José Seguro, 63 ans, homme politique expérimenté mais resté en retrait de la vie publique durant la dernière décennie, de 67% des intentions de vote.

L’abstention comme «grand adversaire»

André Ventura, député de 43 ans, pourrait ainsi recueillir 33% des suffrages, selon la même enquête.

Alors que l’ampleur de cette victoire annoncée faisait déjà craindre une démobilisation de l’électorat, les intempéries récentes ont conduit le candidat socialiste à désigner l’abstention comme son «grand adversaire».

«Il faut aller voter dimanche», a-t-il martelé vendredi soir lors de son dernier meeting de campagne, avertissant que le pays se réveillerait lundi «dans un cauchemar» si le candidat d’extrême droite venait à l’emporter.

«Certains font tout pour décourager les Portugais d’aller voter», a-t-il ajouté, en allusion à la demande de report formulée par M. Ventura.

Le président du parti antisystème Chega («Assez» en portugais), qui promet une «rupture» avec les formations ayant dirigé le Portugal au cours des cinquante dernières années, s’est plaint d’avoir dû mener campagne dans un climat «tous contre un», rendant, selon lui, son élection «beaucoup plus difficile».

Antonio José Seguro a remporté le premier tour il y a trois semaines avec 31,1% des suffrages. Il a depuis reçu le soutien de nombreuses figures politiques issues de l’extrême gauche, du centre et même de la droite, à l’exception notable du Premier ministre Luís Montenegro.

«Le vrai leader de la droite»

À la tête d’un gouvernement minoritaire de droite, soutenu au Parlement tantôt par les socialistes, tantôt par l’extrême droite, le chef du gouvernement a refusé de donner une consigne de vote pour ce second tour, après l’élimination du candidat soutenu par son parti.

André Ventura a pour sa part franchi un nouveau cap en se qualifiant pour le second tour avec 23,5% des voix, confirmant la progression électorale de Chega, devenu la principale force d’opposition à l’issue des législatives de mai 2025.

Le leader d’extrême droite cherche désormais à «consolider sa base électorale» tout en s’efforçant de «s’imposer comme le véritable leader de la droite portugaise», analyse José Santana Pereira, professeur de science politique à l’Institut universitaire de Lisbonne (ISCTE), cité par l’AFP.

Le futur président prendra ses fonctions début mars, succédant au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans.

Si le rôle du chef de l’État portugais est principalement symbolique, il n’en demeure pas moins central en période de crise, le président disposant notamment du pouvoir de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections législatives anticipées.

Par Le360 (avec AFP)
Le 08/02/2026 à 08h06