«Nous sommes à mi-chemin», a écrit la Nasa, les données de suivi du vaisseau Orion le montrant vers 04H00 GMT à plus de 219.000 km de nous.
Les Américains Christina Koch, Victor Glover et Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen à son bord sont les premiers êtres humains à s’aventurer aussi loin dans l’espace depuis la fin du programme Apollo il y a plus d’un demi-siècle.
Une odyssée retransmise en direct par la Nasa et immortalisée par les astronautes, qui ont embarqué avec eux smartphones et appareils photo.
The Moon astronauts shared their location…with all of us!
— NASA (@NASA) April 3, 2026
Follow the crew in real-time on their journey around the far side of the Moon and back to Earth. https://t.co/KitoqI4s4a pic.twitter.com/w9a8HMx2iS
Leurs premiers clichés de la Terre, passant notamment devant le Soleil, ont été publiés vendredi par l’agence spatiale américaine.
«Nous voyons notre petite bille bleue à travers les yeux de l’équipage, et soudain, nous nous retrouvons là-haut avec eux», a commenté une responsable de la Nasa.
«Scotchés aux fenêtres»
Après un décollage réussi de Floride mercredi, l’équipage a opéré jeudi la grande poussée nécessaire à leur sortie de l’orbite terrestre et a mis le cap vers la Lune.
«On est tous scotchés aux fenêtres», a confié Jeremy Hansen à cette occasion. «Rien ne peut vous préparer à l’émotion qui vous saisit» à cet instant, a abondé sa collègue Christina Koch.
Depuis un demi-siècle, aucun être humain n’avait observé la Terre de si loin, l’exploration humaine s’étant limitée depuis la fin du programme Apollo aux environs immédiats de la Terre, principalement la Station spatiale internationale (ISS), à environ 400 kilomètres d’altitude.
La Lune est elle environ 1.000 fois plus loin et il faudra plusieurs jours aux astronautes pour la rejoindre. Ils ne s’y poseront pas, mais en feront le tour et passeront derrière sa face cachée lundi avant de revenir sur Terre le 10 avril.
Lors de ce périple, l’équipage qui est le premier d’un vol lunaire à inclure une femme, une personne de couleur et un non-Américain, battra un record en devenant les êtres humains à s’être aventurés le plus loin dans l’espace.
«Victoire»
Leur trajectoire est dite de «retour libre», c’est-à-dire pensée pour que le vaisseau soit attiré par la Lune puis naturellement ramené vers la Terre.
Un calcul ingénieux mais contraignant car il rend tout retour en arrière impossible, Orion devant aller jusqu’à la Lune avant de pouvoir revenir.
Dans l’éventualité d’un problème majeur, les astronautes devraient renfiler leurs combinaisons, pensées pour assurer leur survie pendant six jours.
Si la Nasa a cherché à se préparer à toute éventualité, des imprévus pourraient survenir car il s’agit du premier vol habité du vaisseau Orion.
«Il est important de garder ça en tête à mesure que nous en apprenons un peu plus chaque jour» sur le vaisseau, a souligné vendredi Lakiesha Hawkins, une haute responsable de l’agence.
Acting Deputy Associate Administrator for NASA's Exploration Systems Lakiesha Hawkins: “The mission continues to perform well overall, and the crew is in great spirits. Currently, they are more than 100,000 miles from Earth and have about 150,000 miles to go on their journey away… pic.twitter.com/h9hRVIq1DW
— One America News (@OANN) April 3, 2026
La mission semble néanmoins se dérouler à merveille pour l’instant, relève auprès de l’AFP Clayton Swope, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS).
«Si les seuls problèmes dont on parle concernent Microsoft Outlook et les toilettes, c’est une victoire», note-t-il, en référence aux tracas techniques de mails et de plomberie rapportés par les astronautes.
La mission Artémis 2 vise à s’assurer que tout est en ordre pour permettre un retour des Américains sur le sol lunaire afin cette fois d’y établir une base lunaire et de préparer de futures missions vers Mars.
La Nasa ambitionne un alunissage en 2028, c’est-à-dire avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs rivaux chinois pour marcher sur la Lune. Mais les experts s’attendent à de nouveaux reports, les alunisseurs étant toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos.
Et un tel projet est extrêmement complexe, a rappelé depuis l’espace le commandant Reid Wiseman. «Envoyer quatre personnes à 400.000 kilomètres de distance est un exploit herculéen, et nous commençons seulement à en prendre la mesure».




