Liban: le président accuse le Hezbollah et propose des négociations avec Israël

Joseph Aoun a été élu président du Liban, jeudi 9 janvier, à l'issue du second tour de vote des députés libanais.. AFP or licensors

Le président libanais, Joseph Aoun, a accusé lundi le Hezbollah pro-iranien de vouloir «provoquer l’effondrement du Liban» et proposé «des négociations directes» avec Israël, qui pilonne le pays voisin depuis une semaine.

Le 10/03/2026 à 08h56

L’armée israélienne a déclenché ces frappes en riposte à une attaque de la formation chiite le 2 mars. Selon le ministère libanais de la Santé, 486 personnes, dont 83 enfants, ont été tuées depuis et les autorités recensent plus d’un demi-million de déplacés. Le ministère ne détaille pas ce bilan entre civils et combattants.

Invoquant la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah, le Parlement libanais a de son côté reporté lundi de deux ans les législatives prévues en mai.

Lors d’une visioconférence avec les chefs des institutions européennes, M. Aoun a accusé le Hezbollah de vouloir «provoquer l’effondrement du Liban (..) pour le compte de l’Iran».

Il a proposé «une trêve totale» avec Israël, et s’est déclaré pour «des négociations directes sous parrainage international» entre les deux pays toujours en état de guerre.

Il a aussi sollicité une aide logistique pour l’armée libanaise afin de «désarmer le Hezbollah».

Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohamed Raad, a réagi en jurant de poursuivre le combat contre Israël «quel qu’en soit le prix». «Nous n’avons pas d’autre choix que la résistance», a-t-il affirmé.

Appelant aussi à un cessez-le-feu pour «éviter le chaos» au Liban, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a appelé le Hezbollah à «se désarmer et cesser toute action contre Israël», dont elle a aussi dénoncé des représailles «disproportionnées».

Société financière frappée

Lundi, l’aviation israélienne a mené dans la banlieue sud de Beyrouth de violentes frappes sur la société financière du Hezbollah, Al-Qard Al-Hassan, après avoir renouvelé son appel à la population à évacuer, selon l’agence de presse officielle, Ani.

Un photographe de l’AFP a vu une énorme explosion au moment où un combattant du Hezbollah tirait en l’air pour avertir les habitants encore présents de fuir.

Au moins une personne a été tuée et 12 autres blessées, selon le ministère de la Santé.

Ciblée par des sanctions américaines, Al-Qard Al-Hassan - populaire en particulier au sein de la communauté chiite pour ses prêts sans intérêt et ses microcrédits - dispose d’une trentaine de succursales.

Le mouvement islamiste a pour sa part revendiqué une quinzaine d’attaques contre le territoire israélien, notamment contre deux bases militaires, dans le grand port de Haïfa et près de Tel-Aviv, et les forces qui s’avancent en territoire libanais.

Le Hezbollah avait attaqué Israël le 2 mars, disant vouloir venger la mort du guide suprême, Ali Khamenei, tué aux premières heures de l’opération américano-israélienne. Il a prêté allégeance lundi à son fils et successeur, Mojtaba Khamenei.

«Positions défensives avancées»

L’armée israélienne a assuré de son côté lundi avoir tué Abou Hussein Ragheb, chef selon elle d’une des trois zones opérationnelles du Hezbollah dans le sud du Liban, et annoncé avoir lancé, y compris au sol, un raid ciblé dans la région contre les membres et infrastructures du Hezbollah.

L’opération vise «à renforcer les positions défensives avancées pour offrir une protection supplémentaire aux habitants du nord d’Israël», a-t-elle dit.

Elle a également mené plusieurs frappes dans différentes parties du sud et l’est du Liban, selon l’Ani.

Un prêtre a été tué par des tirs israéliens dans le village chrétien de Qlayaa, dans le sud, selon les médias d’État et une source médicale.

Opération commando

Dans l’est, près de la frontière syrienne, un fief du Hezbollah, Israël a mené pour la deuxième fois en trois jours une opération commando.

Le mouvement chiite a indiqué que ses combattants avaient affronté des soldats israéliens débarqués d’une quinzaine d’hélicoptères.

Vendredi, la première opération israélienne dans un village proche de Nabi Chit avait fait 41 morts et des dégâts considérables.

Dans la nuit de samedi à dimanche, Israël a par ailleurs frappé pour la première fois depuis le début de la guerre le coeur de Beyrouth, visant un hôtel du quartier de Raouché, sur le front de mer.

L’armée israélienne a affirmé y avoir tué cinq membres des Gardiens de la Révolution iranienne, dont trois «commandants» de la force Qods, la branche des opérations extérieures de l’organisation.

Par Le360 (avec AFP)
Le 10/03/2026 à 08h56