Israël et la Syrie proches d’un accord sécuritaire

Un poste de contrôle de la frontière israélo-syrienne. AFP or licensors

Sous pression des États-Unis, Israël et la Syrie ont décidé d’établir un mécanisme de communication, une initiative inédite qui constitue le premier pas vers un accord de sécurité bilatéral, après des décennies de conflit.

Le 08/01/2026 à 07h30

Les deux pays sont convenus, lors de discussions à Paris, de créer «une cellule de communication» sous supervision américaine pour faire baisser les tensions. Israël a mené des centaines de frappes et conduit des incursions en Syrie depuis la chute, il y a un an, du président Bachar al-Assad au profit d’une coalition islamiste.

Cette cellule vise notamment à «faciliter la coordination immédiate et continue de leur partage de renseignements» ainsi que «la désescalade militaire», selon un communiqué tripartite.

Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a souligné que son pays réaffirmait «son engagement à promouvoir la stabilité et la sécurité régionales».

Le président américain Donald Trump, qui avait reçu en novembre son homologue syrien Ahmad al-Chareh, pousse pour un accord de sécurité entre la Syrie et Israël, qui ne cache pas sa méfiance à l’égard de l’ancien jihadiste.

Un diplomate en poste à Damas a précisé à l’AFP que le mécanisme incluait «l’arrêt des frappes israéliennes sur la Syrie», mais qu’Israël «insiste pour garantir sa sécurité et pour frapper, si nécessaire, des sites spécifiques».

Il existera désormais «une coordination commune dans les opérations de sécurité et militaires», a ajouté cette source.

La question du Golan n’a pas été évoquée par le communiqué. Israël a déployé des troupes dans la zone démilitarisée du plateau, au-delà de la ligne de démarcation entre la partie de ce territoire syrien qu’il a annexée et le reste de la Syrie.

«Au long cours»

Le diplomate a indiqué qu’«aucun accord final n’a encore été conclu» concernant le retrait d’Israël des zones occupées après décembre 2024, réclamé avec insistance par Damas.

Les deux pays se sont entendus, selon une autre source diplomatique, sur le fait que «la zone frontalière (serait) démilitarisée, mais sa superficie n’a pas encore été déterminée».

Israël exige une démilitarisation de toute la partie du territoire syrien du sud de Damas jusqu’à la ligne de démarcation de 1974, instituée après la guerre de 1973.

«Ce sont des discussions au long cours», a expliqué à l’AFP une source diplomatique israélienne, évoquant «la continuation de discussions précédentes».

«Il y a la volonté des deux côtés de stabiliser les relations, de créer un mouvement qui pourra conduire à normaliser, éventuellement à conduire à un accord de paix selon des étapes à définir», a-t-il ajouté.

«Mais combien de temps cela va prendre ? Est-ce qu’il y aura un accord prochain ? La question reste ouverte».

La Jordanie associée

La Jordanie, voisine des deux pays, doit «être associée à la mise en place de l’accord», selon un autre diplomate arabe basé à Damas. Une «chambre commune d’opérations» y sera basée et suivra «la coordination sécuritaire, le contrôle des frontières et l’arrêt du trafic de drogue».

Selon cette source, l’entente «prévoit l’ouverture d’un passage humanitaire» entre les deux pays, qui pourrait plus tard avoir «un rôle commercial».

Israël avait réclamé l’ouverture d’un «couloir humanitaire» vers la ville druze de Soueida (sud syrien), après des affrontements meurtriers en juillet entre forces gouvernementales et combattants druzes.

D’après le bureau de Benjamin Netanyahu, «le dialogue se poursuivra afin de faire progresser les objectifs communs et de garantir la sécurité de la minorité druze en Syrie».

Économie

Israël a souligné en outre «la nécessité de faire progresser la coopération économique» bilatérale.

Comme souvent lorsque l’administration Trump est impliquée dans des discussions, Washington propose «la création d’une zone économique conjointe des deux côtés de la frontière», selon le site américain Axios.

Elle comprendra «des parcs éoliens», ainsi que «la meilleure station de ski du Moyen-Orient», selon un responsable américain cité par le site.

L’un des diplomates a précisé que «les revenus de l’électricité produite par les éoliennes (seraient) partagés entre les deux parties».

Amit Segal, journaliste israélien proche du gouvernement, évoque aussi «un oléoduc, des centres de données et des installations pharmaceutiques».

Par Le360 (avec AFP)
Le 08/01/2026 à 07h30