Guerre au Moyen-Orient: de nouveaux missiles iraniens frappent Israël malgré les menaces de Trump

Des maisons détruites par une frappe de missile iranienne à Dimona, en Israël, le 22 mars 2026. AFP or licensors

L’Iran a lancé vendredi de nouvelles attaques de missiles contre Israël, malgré les menaces de Donald Trump de viser les ponts et les centrales électriques iraniens.

Le 03/04/2026 à 07h30

Plus d’un mois après le début du conflit, qui ne montre aucun signe d’apaisement, Israël a été visé tôt vendredi par de nouveaux tirs iraniens qui, selon les secours, n’ont fait aucune victime.

L’armée israélienne n’a pas détaillé les sites visés, mais la radio militaire a fait état de dégâts dans une gare de Tel-Aviv. Selon les médias iraniens, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont tiré des missiles «longue portée» en direction de cette ville ainsi que de la station balnéaire d’Eilat, dans le sud du pays.

Poursuivant son alternance de menaces et d’appels adressés à Téhéran pour accepter un cessez-le-feu, Donald Trump a cette fois mis en garde l’Iran contre de nouvelles destructions d’infrastructures civiles. «Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!», a-t-il averti sur son réseau Truth Social.

Jeudi, les bombardements américano-israéliens menés contre des infrastructures en Iran ont notamment détruit un pont en construction près de Téhéran, à la grande satisfaction du président américain.

«Frapper des infrastructures civiles, y compris des ponts inachevés, ne poussera pas les Iraniens à se rendre», a toutefois réagi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sur X.

Déclenchée le 28 février par une offensive conjointe des Etats-Unis et d’Israël, la guerre a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Report d’un vote à l’ONU sur Ormuz

L’extension du conflit au Moyen-Orient alimente de vives inquiétudes pour l’économie mondiale, en raison de la quasi-fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, par lequel transitent normalement 20% du pétrole et du GNL mondiaux.

Une quarantaine de pays plaident pour la «réouverture immédiate et inconditionnelle» de ce passage stratégique, accusant l’Iran de vouloir «prendre en otage l’économie mondiale».

Aux Nations unies, à New York, Bahreïn porte depuis une dizaine de jours un projet de résolution visant à autoriser l’usage de la force pour libérer le détroit. Mais le vote sur ce texte, initialement prévu vendredi, a été reporté, le Conseil de sécurité restant loin d’un consensus.

L’armée iranienne a prévenu que le détroit resterait fermé aux pays jugés hostiles.

Au Koweït, visé comme les autres pays du Golfe par des représailles iraniennes quasi quotidiennes, de nouvelles attaques de missiles et de drones ont été signalées tôt vendredi matin.

Les sirènes d’alerte ont également retenti à Bahreïn. Au Koweït, une raffinerie a pris feu après une attaque iranienne.

Au Liban, autre front majeur du conflit depuis les attaques du Hezbollah pro-iranien contre Israël et l’invasion en retour du sud du pays par l’armée israélienne, plus d’un million de personnes ont fui. Une situation qui fait peser des risques «très alarmants» de déplacements massifs prolongés d’une partie de la population, a alerté auprès de l’AFP la directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope.

«Il y a des endroits dans le sud» du Liban «qui sont en train d’être intégralement rasés» et «même si la guerre se termine demain, ces destructions resteront, et il faudra reconstruire», a-t-elle souligné.

Marchés pétroliers sous tension

Dans un discours très attendu, le président américain avait douché mercredi soir tout espoir de désescalade rapide, évoquant encore «deux à trois» semaines de frappes pour renvoyer l’Iran «à l’âge de pierre». En retour, l’armée iranienne a promis des opérations «dévastatrices» et l’«humiliation» de ses adversaires.

Ces menaces croisées ont suffi à faire de nouveau flamber les cours du pétrole jeudi.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a terminé la séance de jeudi sur un rebond de près de 8%, à 109,03 dollars, avant une interruption pascale de trois jours.

Par Le360 (avec AFP)
Le 03/04/2026 à 07h30