Le projet, annoncé à quelques mois des élections législatives de mi-mandat, verrait les dépenses militaires américaines s’envoler à 1.500 milliards de dollars l’an prochain, selon les documents publiés par l’exécutif.
Il s’agirait d’un record dans l’histoire récente de la première puissance mondiale, si le Parlement, pour l’instant contrôlé de justesse par le parti du président républicain, valide la proposition en l’état.
U.S. President Donald Trump on Friday requested a 10% cut in non-defense discretionary spending for the 2027 fiscal year and a massive $500 billion increase in defense spending, as the United States continues its war against Iran. https://t.co/pzExg5U66F
— Reuters Legal (@ReutersLegal) April 3, 2026
L’augmentation serait précisément de 445 milliards de dollars par rapport au budget de défense fixé pour 2026.
Elle «soutient le programme de +paix par la force+ du président Trump», selon la Maison Blanche.
Recherche médicale et Alcatraz
Les dépenses non-militaires, elles, baisseraient dans l’ensemble de 10% en 2027, a précisé l’exécutif américain.
Des coupes sont prévues dans plusieurs programmes auxquels la Maison Blanche reproche de promouvoir des approches progressistes sur le genre, une notion que rejette la droite radicale américaine, sur les discriminations raciales ou sexuelles, dont l’exécutif américain conteste la réalité, ou sur le changement climatique, dont Donald Trump nie l’existence.
Certaines dépenses sociales, éducatives ou liées à la santé sont fortement réduites dans ce projet orchestré par le directeur du budget Russel Vought. Il applique les principes énoncés dans l’ultra-conservateur «Projet 2025», dont il a été la tête pensante.
"Les économies sont réalisées en réduisant les programmes 'woke', instrumentalisés et source de gaspillage": Donald Trump réclame une baisse de 10% des dépenses discrétionnaires dans le bugdet 2027https://t.co/PYARFhWQFL
— BFM (@BFMTV) April 3, 2026
Dans ses plans, la principale agence de recherche médicale publique, les Instituts nationaux de la santé (NIH), voit son budget baisser de 5 milliards de dollars.
Les projets d’aide au développement ou d’assistance humanitaire voient aussi leurs enveloppes amputées de plusieurs milliards de dollars, selon le projet détaillé publié vendredi.
Ce dernier prévoit en revanche d’augmenter fortement les dépenses liées à la politique anti-immigration de Donald Trump, ainsi qu’à d’autres missions sécuritaires.
La Maison Blanche demande par exemple de consacrer 152 millions l’an prochain au projet de réouverture de la célèbre prison d’Alcatraz, cher au président américain.
Plus gros budget militaire du monde
Les États-Unis ont déjà, et de très loin, le plus important budget de défense au monde.
L’institut de recherche Peter G. Peterson avait identifié en 2024 les pays réalisant les plus fortes dépenses militaires. Celui de l’Amérique pesait davantage que ceux, combinés, des neuf Etats qui la suivent dans le classement.
«Et maintenant Trump veut que nous dépensions à nous seuls plus que les 34 PAYS QUI NOUS SUIVENT», a critiqué sur X l’élu démocrate Mark Pocan.
A $1.5 trillion defense budget is unconscionable. We already spend more than the next nine countries combined. This is a 40% bump from this year's record levels, and now Trump would have us spend more than the NEXT 34 COUNTRIES COMBINED!!! https://t.co/lEV9EOw6MZ
— Rep. Mark Pocan (@RepMarkPocan) April 3, 2026
Ce projet de budget de défense est publié après plus d’un mois d’une opération militaire contre l’Iran qui coûterait jusqu’à 2 milliards de dollars par jour, ont appris les médias américains, après des réunions entre parlementaires et représentants du gouvernement.
«Mid-terms»
Le processus législatif promet d’être ardu, surtout avec l’échéance des «mid-terms» à l’horizon.
Certains conservateurs dans le camp de Donald Trump renâclent face à un projet de budget qui ne fera rien pour alléger la très lourde dette publique américaine, laquelle dépasse déjà 39.000 milliards de dollars. Et un sénateur républicain a déjà fait savoir qu’il s’opposerait au projet, pour des raisons constitutionnelles.
«Je soutiens les mesures prises par le président pour défendre nos intérêts en matière de sécurité nationale au Moyen-Orient. Mais nous devons garder les yeux grands ouverts face à l’histoire et à la Constitution», a écrit sur X ce sénateur de l’Utah, John Curtis.
I stand by the President’s actions taken in defense of our national security interests in the Middle East. But we must be clear-eyed about history and the Constitution. While I support maintaining our readiness and replenishing stockpiles, I cannot support funding for further…
— Senator John Curtis (@SenJohnCurtis) April 3, 2026
«Si je suis favorable au maintien de notre état de préparation et à la reconstitution de nos stocks, je ne peux toutefois pas approuver le financement de nouvelles opérations militaires sans une déclaration de guerre officielle du Congrès», a-t-il ajouté.
Des représentants de l’opposition démocrate, qui espère reprendre le contrôle du Congrès lors des élections en novembre, ont eux aussi critiqué la demande faite par l’exécutif.
«Les Américains veulent des dépenses de santé, pas des dépenses de guerre», ont ainsi protesté les élus démocrates à la Chambre des représentants, qui, avec le Sénat, compose le Parlement américain.




