Le Maroc semble se diriger vers une nouvelle hausse de sa production d’agrumes pour la campagne 2025-2026, selon les dernières prévisions publiées par le Département américain de l’Agriculture (USDA), reprises par le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 13 janvier. Les mandarines et les tangerines devraient connaître une croissance notable, avec un volume attendu de 1,15 million de tonnes, soit une progression de 4% par rapport à la campagne précédente. En revanche, la production d’oranges pourrait stagner, avec seulement 970.000 tonnes prévues, reflétant une augmentation marginale de 1% sur un an.
L’USDA attribue cette dynamique à plusieurs facteurs convergents. Les conditions climatiques plus favorables cette année ont soutenu la floraison et la fructification, tandis que de nombreux vergers entrent désormais en pleine phase productive, assurant de meilleurs rendements. Parallèlement, le soutien public ciblé, à travers subventions et accompagnement technique, continue de stimuler la filière et d’encourager les investissements dans les infrastructures de production et de conditionnement.
«Si la campagne démarre avec un léger retard, estimé à environ deux semaines, les producteurs marocains se montrent optimistes», relate L’Economiste. Les volumes attendus restent toutefois inférieurs au pic historique de la campagne 2018-2019, tout en restant légèrement supérieurs à la moyenne des cinq dernières années. Les mandarines continuent de dominer largement le secteur et représentent le pilier des exportations du Royaume. Pour la prochaine saison, les expéditions sont estimées à 550.000 tonnes, soit une progression de 2%, soutenue par une meilleure disponibilité des fruits et une amélioration de leurs calibres, notamment les tailles 4 et 5.
L’Union européenne et la Russie restent les marchés principaux des mandarines marocaines. Toutefois, la géographie des exportations évolue, avec une montée en puissance des pays d’Afrique de l’Ouest, tels que le Sénégal, la Mauritanie et la Côte d’Ivoire. Cette diversification intervient alors que le Maroc doit faire face à une concurrence accrue du Chili lors de la phase initiale de la saison d’exportation.
Concernant les oranges, les exportations devraient rester stables autour de 85.000 tonnes. Cette stagnation s’explique en grande partie par la forte concurrence de l’Égypte et de la Turquie, dont les coûts de production plus bas pèsent sur la compétitivité marocaine. Cependant, le secteur de la transformation offre des perspectives positives. La production de jus d’orange devrait atteindre 6.500 tonnes, portée par le renforcement des capacités industrielles. Cette progression pourrait réduire davantage la dépendance du pays aux importations de concentré, tout en valorisant la production locale.
L’USDA souligne également le rôle des mesures incitatives mises en place par le gouvernement marocain pour soutenir la filière. Des subventions directes, un appui phytosanitaire renforcé et des aides à l’investissement dans les unités de conditionnement contribuent à stabiliser et dynamiser la production. En 2025, des aides spécifiques ont été accordées aux petits exploitants agricoles, calculées à l’hectare: 225 dollars pour les petites surfaces regroupées, 150 dollars pour les exploitations de taille moyenne et 75 dollars pour les grandes superficies. Les agriculteurs engagés dans l’agriculture biologique ont bénéficié de montants plus élevés, allant jusqu’à 300 dollars par hectare pour les petites exploitations.
«Parallèlement, le Maroc enregistre des performances remarquables sur le marché des poivrons doux», souligne L’Economiste. Au cours de la saison 2024-2025, le pays a exporté pour la première fois plus de 50.000 tonnes de poivrons doux vers l’Allemagne, atteignant 52.400 tonnes pour une valeur de près de 120 millions d’euros. Ce chiffre, en hausse de 20% par rapport à la saison précédente, constitue un nouveau record et confirme la position du Maroc comme acteur clé sur ce marché européen.
Ces tendances mettent en lumière une agriculture marocaine qui conjugue croissance de la production, diversification des marchés et soutien étatique stratégique. Si la compétitivité face à des concurrents comme l’Égypte, la Turquie ou le Chili reste un défi, les perspectives pour les agrumes et certains légumes restent globalement prometteuses, portées par des rendements en hausse et une stratégie d’exportation plus ciblée.








