La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a décidé de passer à l’action pour marquer son rejet total de l’avis du Conseil de la concurrence préconisant l’ouverture de leur capital aux investisseurs privés. Dans son édition du mercredi 4 mars, le quotidien Al Akhbar rapporte que les pharmaciens d’officine menacent désormais d’organiser une série de grèves, de plus en plus prolongées dans le temps, à travers tout le pays.
Si aucune date pour l’enclenchement de cette série de grèves n’a été fixée, les trois principales centrales des syndicats des pharmaciens d’officine ont signé un accord unanime en ce sens. Elles ont également justifié leur refus de l’avis du Conseil de la concurrence en expliquant qu’il est basé sur une approche très superficielle, allant jusqu’à qualifier cet avis de copier-coller qui a été appliqué par d’autres pays où il a généré des dégâts catastrophiques pour le secteur des pharmacies d’officine suite à l’ouverture ratée de leur capital aux investisseurs privés. Selon ces centrales syndicales, l’avis du Conseil de la concurrence risque de créer un désordre dans le système marocain de distribution du médicament.
Dans un communiqué sanctionnant leur réunion et publié lundi dernier, les syndicats des pharmaciens d’officine disent rejeter ce qu’ils qualifient de «marchandisation» du médicament que l’on tente ainsi de mettre entre les mains de grandes sociétés. Ils ajoutent que la pharmacie d’officine est un service public de santé. Le mettre entre les mains des investisseurs privés, c’est «vendre la santé des Marocains au plus offrant». Le médicament ne répondant pas à la logique de l’offre et de la demande et les investisseurs ne cherchant que les profits, la santé du Marocain va se transformer en un simple chiffre, celui du gros bénéfice à réaliser.
Bien évidemment, tous ces points soulevés par les syndicats constituent une réponse à l’argumentaire du Conseil de la concurrence, qui considère que la production et la distribution des médicaments sont des activités économiques comme toutes les autres et doivent donc répondre à la logique de l’offre et de la demande. Or, pour les pharmaciens d’officine, «le patient est une ligne rouge» et sa santé ne doit pas être sujette à des considérations de rentabilité.







