Néobanques: comment Revolut place ses pions au Maroc

Une carte bancaire Revolut.

Une carte bancaire Revolut.

Revue de presseAprès avoir obtenu sa licence bancaire complète au Royaume-Uni, Revolut entend désormais s’implanter au Maroc. La fintech britannique, forte de 70 millions de clients dans le monde, doit encore convaincre les autorités locales et adapter son offre à un marché où l’inclusion financière et l’usage des paiements numériques restent encore limités. À sa tête, Yacine Faqir mise sur son expertise de la fintech et des systèmes financiers pour relever ces défis. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 02/04/2026 à 19h56

Après plusieurs années d’attente, la fintech britannique Revolut a franchi une étape décisive en obtenant une licence bancaire complète au Royaume-Uni, accédant ainsi au statut de banque de plein exercice. Cette évolution, intervenue après quatre années de démarches réglementaires, illustre les délais parfois longs auxquels sont confrontés les nouveaux acteurs financiers. «Une réalité que l’entreprise devra également intégrer dans sa stratégie d’expansion au Maroc, où l’obtention d’un agrément auprès de Bank Al-Maghrib constitue un passage obligé», indique le magazine Jeune Afrique.

À la tête des opérations de la fintech dans le Royaume, Yacine Faqir adopte une approche mesurée. Il souligne que le développement du projet s’inscrit dans le respect du cadre réglementaire et du calendrier des autorités monétaires, insistant sur la nécessité d’aligner l’initiative avec les priorités nationales. Pour l’ancien cadre de Mastercard, l’objectif est de construire une offre capable d’apporter une réelle valeur ajoutée au marché marocain, sans précipitation.

Présente dans une quarantaine de pays et revendiquant plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs, Revolut ambitionne désormais d’étendre significativement son empreinte internationale. L’entreprise, fondée par Nikolay Storonsky et Vladyslav Yatsenko, prévoit de mobiliser plus de 11 milliards d’euros au cours des prochaines années afin de soutenir son expansion en Amérique latine, en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et en Afrique. Cette stratégie vise notamment à atteindre le cap des 100 millions de clients dans une centaine de pays.

«Dans ce contexte, le Maroc apparaît comme un marché à fort potentiel» note Jeune Afrique. Le pays a connu ces dernières années une accélération notable de sa transformation numérique et de son activité économique, offrant un terrain favorable au développement des services financiers digitaux. Toutefois, des défis structurels persistent. Le taux de bancarisation reste limité, avec un peu plus de la moitié de la population disposant d’un compte bancaire, tandis que le nombre de terminaux de paiement électronique demeure relativement faible au regard de la taille du marché. Ces éléments traduisent un retard dans l’adoption des paiements numériques, mais également une marge de progression importante.

Pour les acteurs du secteur, l’enjeu dépasse la simple inclusion financière. Il s’agit également d’encourager un usage plus intensif des services existants, en incitant les utilisateurs à recourir plus fréquemment aux moyens de paiement digitaux dans leur quotidien. Dans cette perspective, l’arrivée d’un acteur comme Revolut est perçue comme un levier potentiel de modernisation et de dynamisation de l’écosystème financier local.

Le profil de Yacine Faqir suscite par ailleurs un certain intérêt au sein du secteur bancaire. Sa connaissance à la fois des technologies financières et des exigences réglementaires est considérée comme un atout pour piloter l’implantation de la néobanque. Diplômé de Kedge Business School et de University of Westminster, il a construit un parcours international marqué par des expériences dans le conseil et la finance.

«Né à Nice, il a débuté sa carrière en Europe de l’Est, notamment à Belgrade, avant de revenir au Maroc au début des années 2010 pour y développer des activités de conseil», écrit Jeune Afrique. Il s’est ensuite orienté vers la fintech en rejoignant une structure spécialisée dans l’information de crédit, où il a contribué à la mise en place d’infrastructures et de solutions dédiées à l’analyse des risques. Cette expérience l’a conduit à collaborer étroitement avec les institutions financières locales sous la supervision de la banque centrale.

La suite de son parcours l’a mené à la Banque mondiale, où il a travaillé sur des projets liés à la gestion des données et aux bureaux de crédit au Moyen-Orient, avant de rejoindre Mastercard. Au sein du groupe américain, il a approfondi son expertise dans les systèmes de paiement et l’exploitation des données transactionnelles, un savoir-faire qu’il entend désormais mettre au service du développement de Revolut au Maroc.

Par La Rédaction
Le 02/04/2026 à 19h56