Selon le rapport de Moody’s, cette révision s’explique par une amélioration des perspectives de croissance, soutenue par la dynamique des investissements, la poursuite des réformes structurelles et les efforts constants de consolidation budgétaire. Ces facteurs renforcent la résilience de l’économie nationale et offrent aux investisseurs une vision plus rassurante de la stabilité financière du Royaume. L’agence souligne également que la dette à long terme bénéficie d’un niveau suffisant de réserves de change et d’un accès satisfaisant aux financements, que ce soit sur le marché domestique ou sur les marchés internationaux.
Malgré un environnement mondial incertain, cette reconnaissance de la solidité économique marocaine vient renforcer les prévisions positives déjà établies pour 2026. Les réserves en devises du pays se sont établies à 452,6 milliards de dirhams au cours du premier mois de l’année, couvrant ainsi l’équivalent de cinq mois et dix-neuf jours d’importations de biens et services. «Bank Al-Maghrib anticipe un renforcement progressif de ces réserves, à 473,4 milliards de dirhams courant 2026 et 482,1 milliards en 2027», écrit Finances News. Sur le plan du financement du Trésor, les besoins ont été majoritairement couverts par des ressources internes nettes de 14,1 milliards de dirhams, complétées par un flux extérieur net de 1,4 milliard.
Citée par Finances News, Sara Sbai, consultante internationale senior en finance d’entreprise et gestion des risques, explique que cette évolution reflète la capacité du Maroc à maintenir le cap dans un environnement régional perçu comme risqué. «Le timing joue clairement en faveur du Maroc. Cela démontre que les fondamentaux macroéconomiques restent solides et que le pays peut poursuivre les réformes engagées. Aux yeux des investisseurs internationaux, cela distingue le Maroc d’autres émetteurs de la région MENA plus vulnérables aux chocs politiques ou budgétaires», précise-t-elle.
Sur les marchés financiers, la révision de la perspective pourrait réduire la prime de risque exigée par les investisseurs sur les émissions de dette à long terme du Trésor. Selon Sara Sbai, cette note positive ne transforme pas immédiatement le profil de financement du pays, mais elle améliore la perception globale du risque souverain marocain et consolide l’image du Royaume comme pilier de stabilité et plateforme stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe.
Elle pourrait également élargir la base d’investisseurs, notamment auprès de gérants ayant des contraintes strictes sur la notation minimale. La capacité du Trésor à accéder aux marchés internationaux dans de meilleures conditions de coût et de maturité pourrait ainsi être renforcée, en particulier lors des prochaines émissions.
Cette dynamique bénéficie aussi au secteur privé: un meilleur profil souverain se traduit souvent par des conditions de financement plus favorables pour les banques et les grandes entreprises marocaines qui empruntent en devises, et renforce la crédibilité de leurs projets d’expansion régionale, notamment en Afrique subsaharienne.




