Maroc Digital 2030: l’APEBI alerte sur l’urgence d’exécuter, offshoring en priorité

Le Maroc est engagé dans un parcours de transformation, porté par une stratégie nationale ambitieuse: Maroc Digital 2030.

Quatre ans avant l’échéance, l’année 2026 s’impose comme un moment charnière pour la stratégie Maroc Digital 2030. Après une phase de conception et de convergence stratégique, le Royaume entre dans le temps de l’exécution opérationnelle, où l’offshoring et les infrastructures numériques sont appelés à jouer un rôle central dans la création d’emplois qualifiés, la compétitivité des entreprises et l’attractivité économique du pays.

Le 05/01/2026 à 14h47

Dans un communiqué, la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) appelle à un changement de régime dans la conduite des politiques numériques. Après une longue phase de conception et de convergence stratégique, la priorité est désormais donnée à une exécution rigoureuse, coordonnée et mesurable.

Selon l’APEBI, l’année 2025 a marqué une étape décisive dans la trajectoire numérique du Maroc. Issue d’un processus concerté associant acteurs publics et privés, la stratégie Maroc Digital 2030 s’est imposée comme un cadre de référence commun. «La priorité n’est plus l’élaboration de nouvelles stratégies, mais l’exécution disciplinée, cohérente et mesurable de celle qui existe», souligne la Fédération, qui insiste sur la nécessité de traduire la vision en résultats économiques concrets.

Cette phase de convergence stratégique a permis de consolider plusieurs acquis structurants. Le numérique a été affirmé comme un levier de compétitivité, d’emploi et de souveraineté, tandis que l’écosystème s’est fortement mobilisé autour des startups, des PME technologiques et de l’export des services numériques. Des cadres communs ont été posés sur les compétences, l’offshoring et les infrastructures, et des signaux d’activation ont été envoyés à travers l’annonce de mécanismes de financement pour les startups et la publication de la circulaire relative à l’offshoring. Pour l’APEBI, ces avancées créent désormais une obligation de résultats.

La Fédération rappelle que Maroc Digital 2030 constitue un cadre global intégrant la digitalisation des processus, la gouvernance de la donnée, la cybersécurité, l’innovation et les technologies avancées. Toute initiative sectorielle nouvelle, y compris dans l’Intelligence artificielle, doit s’inscrire dans cette dynamique et agir comme un levier d’exécution, et non comme une démarche autonome.

La performance collective repose ainsi sur la continuité stratégique et l’ajustement permanent des politiques publiques aux usages réels du terrain, notamment l’adéquation entre emploi et compétences est identifiée comme un autre chantier critique.

Le communiqué insiste sur un fait: «L’enjeu n’est pas l’augmentation quantitative de l’offre de formation, mais l’instauration d’une gouvernance orientée résultats, capable d’aligner durablement dispositifs publics, besoins des recruteurs et capacités de recherche.» Les indicateurs doivent être recentrés sur l’emploi effectif et la rapidité de recrutement, afin de répondre aux tensions croissantes sur les profils numériques qualifiés.

La Fédération met également en avant la nécessité de structurer un continuum fluide entre startups et PME technologiques. Les premières demeurent essentielles pour l’exploration et l’innovation rapide, tandis que les secondes constituent le socle industriel indispensable pour transformer ces innovations en solutions robustes, déployables à grande échelle et créatrices d’emplois durables. «Sans ce passage à l’échelle», prévient le communiqué, «l’innovation reste fragmentée et son impact sur la productivité nationale demeure limité.»

S’agissant de l’Intelligence artificielle, l’APEBI adopte une approche pragmatique. «L’IA est présentée comme un levier d’accélération fondé sur la maturité digitale existante», elle ne peut produire de valeur qu’à partir de données propres, structurées et gouvernées, issues de processus déjà digitalisés. «En l’absence de ces prérequis, les gains attendus resteraient largement théoriques», prévient la Fédération.

L’accent est toutefois mis de manière prioritaire sur l’offshoring et les infrastructures, considérés comme des piliers immédiats de l’exécution en 2026. Selon l’APEBI, «le potentiel de création d’emplois de l’offshoring dépend directement de la simplification des dispositifs, de la lisibilité des mécanismes d’appui et d’une promotion internationale structurée de l’offre marocaine».

Les infrastructures numériques, qu’il s’agisse de la connectivité, du cloud ou des technologies IoT, sont présentées comme le socle transversal de l’ensemble de la transformation digitale. Elles constituent un prérequis au développement national et au positionnement régional du Maroc, en soutenant à la fois l’offshoring, l’IA et la digitalisation des services publics et privés.

La Fédération inscrit cette exigence d’exécution dans un calendrier contraint. L’horizon 2030, marqué notamment par la perspective de la Coupe du monde, impose un compte à rebours opérationnel. Les transformations attendues en matière d’expérience citoyenne, de sécurité et de services numériques se préparent sur plusieurs années et exigent une continuité sans rupture. Le facteur temps, souligne le communiqué de l’APEBI, impose des choix clairs dès 2026.

Par La Rédaction
Le 05/01/2026 à 14h47