Le Maroc pourrait franchir un cap économique majeur d’ici 2040 et rejoindre le cercle des soixante premières économies mondiales, selon les projections du Centre for Economics and Business Research (CEBR), reprises par le quotidien Les Inspirations Eco du 15 janvier. Le rapport, publié récemment par cette institution britannique, estime que le produit intérieur brut du pays pourrait atteindre 389 milliards de dollars dans moins de deux décennies, se rapprochant ainsi du seuil symbolique des 400 milliards.
Une telle évolution traduirait un changement d’échelle significatif pour l’économie nationale, dont le PIB est actuellement évalué à environ 178 milliards de dollars. Sur la base de ces estimations, la croissance projetée représenterait près de 76% de progression sur quinze ans, un rythme ambitieux mais jugé crédible par les auteurs du rapport, surtout dans un contexte mondial marqué par des recompositions industrielles et énergétiques rapides.
Cette trajectoire n’est pas seulement le fruit de projections théoriques. Elle s’appuie sur des fondamentaux macroéconomiques déjà positifs. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) indique que la croissance réelle du Maroc a atteint 3,8% en 2024, reflétant la résilience du pays dans un environnement international instable. Les données conjoncturelles de 2025 confirment cette tendance: le HCP prévoit une croissance de 4,3% au troisième trimestre, qui pourrait atteindre 4,7% en fin d’année. «Ces performances traduisent une meilleure capacité d’absorption des chocs externes et témoignent d’une sortie progressive de la volatilité post-crises. Le gouvernement, de son côté, anticipe une croissance autour de 4,5% pour 2026, consolidant ainsi un horizon favorable à moyen terme», souligne Les Inspirations Eco.
L’évolution économique repose également sur une transformation structurelle de l’économie. Le Maroc réduit progressivement sa dépendance aux performances agricoles, tandis que l’industrie automobile se positionne comme un moteur central de croissance et d’exportation. À fin novembre 2025, les exportations du secteur ont atteint 141,28 milliards de dirhams, en légère baisse de 3,1% par rapport à l’année précédente, dans un contexte de réajustements conjoncturels.
Malgré ces variations, le secteur conserve son rôle stratégique grâce à sa taille, à son poids dans les échanges extérieurs et à son intégration croissante au niveau local, notamment dans des segments comme le câblage et les composants intérieurs. Parallèlement, d’autres industries, telles que l’aéronautique, poursuivent leur montée en puissance, tandis que les services à forte valeur ajoutée renforcent la productivité et la compétitivité globale de l’économie. Ensemble, ces dynamiques contribuent à stabiliser la croissance et à améliorer la résilience macroéconomique.
Les implications sociales de cette croissance sont également importantes. Selon le CEBR, le PIB par habitant pourrait atteindre 9 095 dollars en 2040, traduisant une amélioration significative du revenu moyen et une expansion progressive de la classe moyenne. Cette évolution pourrait soutenir la demande intérieure et la consommation structurée. «Les données de la Banque mondiale montrent déjà une tendance encourageante: la croissance de 3,8% du secteur non agricole en 2024 a généré environ 162 000 emplois urbains, un signe que la croissance commence à se traduire concrètement sur le marché du travail. Toutefois, le CEBR souligne que la durabilité de ces effets dépendra de la qualité et de la stabilité des emplois créés», relève Les Inspirations Eco.
Malgré ces perspectives favorables, plusieurs défis demeurent. Le changement climatique constitue la principale menace, affectant l’agriculture, la sécurité hydrique et les équilibres budgétaires. Les pressions sur les ressources en eau se renforcent, fragilisant certains secteurs stratégiques. Les auteurs du rapport recommandent donc un renforcement des investissements dans l’adaptation climatique et la poursuite des réformes économiques structurelles afin d’assurer la soutenabilité de la croissance.







