Le FMI confirme la solidité de l’économie marocaine

Le siège du Fonds monétaire international à Washington. Une étude du Fonds monétaire international (FMI) a révélé que les entrées de capitaux diminuent en moyenne de 7,6% du produit intérieur brut lorsqu’un pays figure sur la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI).

Revue de presseAprès sa mission de consultations au titre de l’article IV pour 2026, le Fonds monétaire international salue la résilience de l’économie marocaine, portée par l’investissement public et privé, une agriculture performante et des finances publiques en amélioration. L’institution insiste toutefois sur l’importance de poursuivre les réformes structurelles, notamment pour renforcer l’emploi et le capital humain. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 12/02/2026 à 19h26

Le Fonds monétaire international a confirmé la solidité de l’économie marocaine, à l’issue de sa mission de consultations au titre de l’article IV pour l’année 2026, menée du 29 janvier au 11 février. «L’institution internationale s’est dite confiante dans la capacité du pays à maintenir sa dynamique de croissance, portée par l’investissement public et privé, dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée, des finances publiques en amélioration et un cadre macroéconomique globalement équilibré», indique le magazine Finances News Hebdo.

Selon le rapport de la mission, dirigée par Laura Jaramillo, l’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,9% en 2025, portée par la vigueur des secteurs agricole, de la construction et des services. Cette performance, jugée robuste, devrait se poursuivre en 2026, avec une projection de croissance stable au même niveau. L’institution souligne l’importance de la production agricole, stimulée par des précipitations exceptionnelles, ainsi que le rôle continu de l’investissement dans le soutien de la croissance.

La situation sur le front des prix demeure favorable. L’inflation globale a atteint en moyenne 0,8% en 2025, un niveau particulièrement bas, notamment en raison de la modération des prix alimentaires. Toutefois, le FMI anticipe une hausse progressive de l’inflation vers environ 2% d’ici la mi-2027, en lien avec la baisse précédente des taux directeurs et le renforcement de l’activité économique. «Dans ce contexte, la politique monétaire, jugée globalement neutre, est considérée comme appropriée, tandis que l’institution encourage Bank Al-Maghrib à poursuivre la transition vers une plus grande flexibilité du taux de change, tout en communiquant clairement sur les objectifs et le rythme de cette évolution», souligne Finances News.

La position extérieure du Royaume reste solide. Le déficit du compte courant pourrait se creuser légèrement, en raison des importations liées aux investissements publics, mais cette évolution devrait être partiellement compensée par la hausse des recettes touristiques et des investissements directs étrangers. Les réserves internationales sont jugées adéquates et les risques pesant sur l’économie sont estimés équilibrés, bien que le pays demeure exposé à un éventuel ralentissement de la zone euro et à la volatilité des prix des matières premières.

Du côté des finances publiques, l’amélioration est notable. Les recettes fiscales ont atteint 24,6% du PIB en 2025, reflétant l’impact des réformes fiscales récentes et une meilleure gestion des recettes. Le déficit budgétaire du gouvernement central a été réduit à 3,5% du PIB, contre 3,8% initialement prévu, permettant de financer des investissements publics supplémentaires ainsi que des transferts aux établissements et entreprises publics. Le FMI recommande toutefois de mettre en réserve une partie de ces recettes exceptionnelles afin de renforcer les marges budgétaires et de dégager davantage de ressources pour l’investissement dans le capital humain. L’institution souligne les progrès réalisés en matière d’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la protection sociale, tout en encourageant la poursuite et l’accélération des réformes dans ces domaines.

La mission a également salué les efforts déployés pour renforcer le cadre budgétaire à moyen terme et améliorer la gestion de l’investissement public, notamment à travers l’adoption d’une nouvelle règle budgétaire. «Elle insiste sur la nécessité d’identifier et de surveiller les risques budgétaires, en particulier ceux liés aux établissements et entreprises publics, et d’améliorer la transparence et la communication autour de ces enjeux. Sur le plan financier, le FMI se félicite des réformes visant à traiter les créances en souffrance et appelle à renforcer la résilience du système face aux risques émergents», lit-on encore dans Finances News.

Malgré ces résultats positifs, la question de l’emploi demeure un défi majeur. Le FMI souligne que la création d’emplois durables nécessite des réformes structurelles pour dynamiser le secteur privé et rendre le marché du travail plus réactif. L’institution encourage la modernisation des établissements et entreprises publics afin d’améliorer leur gouvernance et leur performance, de renforcer la concurrence et d’assurer des conditions équitables entre acteurs publics et privés.

Dans ce cadre, le FMI a salué les dispositifs de soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises, via la Charte de l’investissement, les Centres régionaux d’investissement, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et la nouvelle Charte TPME. L’institution recommande un suivi attentif de ces mesures, en particulier en matière de création d’emplois. Elle a également encouragé la mise en œuvre de la feuille de route pour l’emploi à l’horizon 2030, visant à moderniser les politiques actives du marché du travail, réduire le chômage et favoriser l’insertion professionnelle, notamment des jeunes non diplômés, tout en soulignant la nécessité de mesures complémentaires pour mieux aligner les compétences disponibles et les besoins du marché.

En conclusion, le FMI a salué la qualité des échanges avec les autorités marocaines, Bank Al-Maghrib et les représentants des secteurs public et privé. L’institution a reconnu les progrès réalisés et réaffirmé la solidité des fondamentaux macroéconomiques du Royaume. Si les conclusions confirment la résilience de l’économie marocaine et valident les orientations engagées, elles rappellent que la consolidation de cette trajectoire dépendra de la poursuite des réformes, du renforcement de l’investissement dans le capital humain et de la capacité du pays à accélérer la création d’emplois durables.

Par La Rédaction
Le 12/02/2026 à 19h26