Le BTP surfe sur la dynamique des grands chantiers et prépare 2026

Un chantier

Revue de pressePorté par les projets liés à la Coupe d’Afrique des Nations, aux préparatifs du Coupe du monde 2030 et aux nouveaux programmes d’infrastructures, le secteur du bâtiment et des travaux publics a connu en 2025 une forte reprise. Selon Driss Effina, professeur d’économie et président du Centre indépendant des études stratégiques, cette tendance devrait se poursuivre en 2026, portée par la relance du marché immobilier et le lancement de programmes d’habitat dans le monde rural. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 23/02/2026 à 21h06

Porté par les grands chantiers d’infrastructures, les projets liés à la CAN et les préparatifs du Mondial 2030, le secteur du BTP a confirmé en 2025 un net regain d’activité et aborde 2026 avec des perspectives favorables. Dans un entretien avec le magazine Finances News Hebdo, Driss Effina, professeur universitaire d’économie et président du Centre indépendant des études stratégiques, indique que cette dynamique s’inscrit dans une stratégie de long terme de renforcement des infrastructures du Royaume du Maroc.

«En général, le BTP a connu en 2025 une évolution positive due aux grands chantiers lancés dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations organisée récemment dans notre pays et de la Coupe du monde prévue en 2030. Le programme de construction a concerné également les barrages, les routes, les autoroutes, les ports, les aéroports et d’autres chantiers de base. Le Royaume s’est lancé depuis quelques années dans une grande dynamique de renforcement de ses infrastructures», explique-t-il.

Pour le spécialiste, la progression de la vente de ciment illustre parfaitement cette évolution. «La croissance est de 8,2% au cours de l’année dernière pour un volume de 15 millions de tonnes, un niveau jamais atteint depuis 2013. Certes, la consommation de ciment a ralenti au cours des trois derniers mois à cause des pluies, mais malgré cela, le marché demeure demandeur. La reprise sera au rendez-vous avec la fin des intempéries»,souligne Finances News.

D’après Effina, d’autres indicateurs confirment la bonne santé du secteur du bâtiment. L’encours des crédits immobiliers a atteint 256,6 milliards de dirhams en 2025, soit une hausse de près de 4% par rapport à 2024, représentant environ 22% de l’encours total des crédits à l’économie. Le professeur souligne que «cette croissance annuelle, bien que modérée, reflète une trajectoire de redéploiement soutenable caractéristique du marché immobilier en phase de consolidation, où la reprise du crédit accompagne la montée progressive des transactions sans générer de déséquilibres excessifs».

La dynamique observée en 2025 indique que le démarrage du marché résidentiel repose sur une demande réelle encore sélective et reste conditionné par la maîtrise des prix, les délais de livraison et la visibilité financière des ménages. «À ce stade, l’évolution des crédits immobiliers apparaît cohérente avec la reprise constatée en amont sur les autorisations de construire et avec le redressement graduel de l’activité de BTP, suggérant une poursuite de la normalisation du cycle immobilier en 2026 sous réserve du maintien des conditions financières stables et d’une fluidification accrue des circuits d’octroi de crédit», note le magazine.

L’encours des crédits aux promoteurs a également progressé, atteignant 60,2 milliards de dirhams, en hausse de 4% par rapport à 2024. «La reprise du crédit promoteur observée en 2026 s’inscrit dans une logique de reconstitution graduelle de l’offre, cohérente avec la hausse des autorisations de construire et avec la remontée progressive de l’activité BTP. Elle reste toutefois conditionnée par la capacité du secteur à transformer les financements en production effective, ainsi que par la maîtrise des délais administratifs et de la viabilisation foncière. À ce stade, l’évolution des crédits aux promoteurs constitue un signal avancé positif pour l’activité immobilière et la consommation de matériaux de construction en 2026», précise Effina.

Pour l’année à venir, le spécialiste se montre confiant quant à la poursuite de cette dynamique. Le programme de lancement de nouveaux projets d’infrastructures devrait se poursuivre en 2026, de nouveaux chantiers sont en préparation dans différents secteurs. La dynamique attendue en 2026 sera marquée par le lancement du programme de soutien à l’habitat dans le monde rural, qui est prévu dans la Loi de Finances 2026. «Ne manque que le décret d’application qui donnera tous les détails, notamment techniques, de cette initiative. Parmi les conditions requises pour les personnes éligibles : ne pas être propriétaire, avoir un minimum en termes de superficie et le plan de la maison doit être fait par un architecte agréé et autorisé par l’agence urbaine», note l’expert.

Par La Rédaction
Le 23/02/2026 à 21h06