Envolée des prix des viandes rouges à l’approche de l’Aïd Al Adha

Chez un boucher, à Agadir.

Revue de presseÀ l’approche de l’Aïd Al Adha, les prix de la viande rouge connaissent une envolée spectaculaire dans les abattoirs et sur les marchés de gros. Si la viande bovine résiste encore, le mouton atteint des sommets, sous l’effet conjugué de facteurs structurels et saisonniers qui rendent peu probable une accalmie à brève échéance. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 31/03/2026 à 18h52

À l’approche de l’Aïd Al Adha, les marchés de gros et les abattoirs enregistrent une hausse sans précédent des prix des viandes rouges. Selon les professionnels du secteur, le kilogramme de viande ovine s’échange désormais à 150 dirhams sur les marchés de gros, tandis que celui du bœuf demeure stable aux alentours de 90 dirhams. Ces niveaux, déjà exceptionnels, devraient encore se renforcer dans les prochains jours sous l’effet d’une demande en forte intensification liée à la saison, rapporte Al Akhbar de ce mercredi 1er avril.

Hicham El Jabiri, secrétaire régional des commerçants de viandes rouges en gros, explique que cette période s’accompagne traditionnellement d’une pression haussière sur les prix, en phase avec les préparatifs de l’Aïd Al Adha, qui concentre l’essentiel de la demande ovine. Il souligne que plusieurs facteurs structurels expliquent cette flambée. En premier lieu, la période de gestation en cours rend les brebis non commercialisables, ce qui réduit mécaniquement l’offre disponible sur le marché.

À cela, s’ajoute la disponibilité des fourrages, qui incite les éleveurs à conserver leurs troupeaux dans l’attente d’une hausse des prix à l’approche de l’Aïd. Par ailleurs, la suspension des importations de moutons, décidée dans le cadre des préparatifs de l’Aïd, a elle aussi contribué à resserrer l’offre et à accentuer la tension sur les prix.

S’agissant de la viande bovine, le même responsable précise que le Maroc ne dispose pas d’une autosuffisance pour cette catégorie. Le marché national complète son approvisionnement par des importations en provenance principalement du Brésil et d’Uruguay, dans l’attente de l’ouverture de nouveaux marchés, notamment en Espagne et en France, afin de diversifier les sources d’approvisionnement, souligne Al Akhbar.

El Jabiri ajoute que la hausse des coûts de transport, consécutive à l’augmentation des prix des carburants, pèse directement sur les prix des viandes importées, renforçant encore la cherté des produits. Selon lui, l’ensemble de ces facteurs conjugués rend peu envisageable une baisse des prix à court terme. Bien au contraire, les prochains jours pourraient voir les prix atteindre des niveaux encore plus élevés.

Par Hassan Benadad
Le 31/03/2026 à 18h52