La hausse des coûts du fret maritime, liée à la cherté du pétrole, pourrait entraîner une augmentation du prix du blé au Maroc, mais son ampleur reste incertaine et dépendra en grande partie de la récolte nationale. Dans un entretien publié par le quotidien L’Economiste dans son édition du lundi 6 avril, Omar Yacoubi, président de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses, revient sur les facteurs qui influencent le marché et sur les perspectives pour les mois à venir.
Interrogé sur la récente visite du ministre français du Commerce extérieur, il explique que les discussions ont porté sur un partenariat autour du développement de la boulangerie. «Nous avons rencontré le ministre français du Commerce extérieur dans le cadre de notre partenariat de développement de la boulangerie. Il a même effectué une visite au centre d’études et de recherche en industrie céréalière, l’Institut de formation en industrie meunière et l’Institut de formation aux métiers de la boulangerie et de la pâtisserie», précise-t-il. L’objectif est notamment d’encourager la production de produits adaptés au blé français. Il souligne que certains produits emblématiques s’y prêtent particulièrement bien comme la baguette qui se prépare très bien avec le blé français. Pareil pour les croissants et la viennoiserie.
Cela étant, «malgré une baisse récente de la part de marché française, la tendance semble s’inverser cette année», souligne L’Economiste. «La part du blé français a en effet baissé lors de la campagne précédente. La raison est liée aux problèmes rencontrés en termes de qualité et de quantité. En revanche, pour la récolte de la campagne actuelle […] la France a repris sa première place de fournisseur de blé tendre au Maroc», indique Yacoubi, tout en rappelant qu’il faudra attendre la fin de la moisson pour confirmer cette dynamique.
Concernant les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, Yacoubi relativise leur impact direct sur les flux commerciaux. «Les zones d’exportation ne sont pas impactées par la guerre et la fermeture du détroit d’Ormuz. Donc pas d’impact sur la logistique», estime Yacoubi. En revanche, la hausse des prix de l’énergie se répercute sur toute la chaîne. «Les bateaux paient leur pétrole à un prix plus élevé. Le fret maritime est devenu ainsi plus cher. Les prix des céréales ont suivi la tendance haussière. Les cours ont augmenté de près de 10 %», précise-t-il
Cette situation aura inévitablement des conséquences sur les prix au Maroc. «Bien sûr. Quand vous touchez au pétrole, vous touchez à tous les produits. Le blé comme les autres produits sera aussi concerné», affirme-t-il, en ajoutant que les engrais sont également touchés. Toutefois, le calendrier de cette hausse reste incertain. «La répercussion est en train d’arriver. Nous attendons la récolte pour savoir comment nous allons répercuter cette hausse des prix à l’international au niveau national», note Yacoubi.
Parallèlement, les importations de céréales se poursuivent pour assurer l’approvisionnement du marché local, au moins jusqu’à la fin du mois de mai. Actuellement, les importations continuent pour approvisionner le marché local. À partir de juin, avec le début de la récolte nationale, la priorité sera donnée à la production locale.
Cette année s’annonce d’ailleurs particulièrement favorable surtout par rapport aux campagnes précédentes marquées par sept années consécutives de sécheresse. Cependant, le recours aux importations restera nécessaire. «Nous aurons toujours besoin d’importer, même si la récolte est très importante. Car elle ne suffit pas à répondre aux besoins de la consommation», précise Yacoubi.




