Cette réunion intervient cinq jours après le dépôt par Corral Morocco Holdings de sa réplique finale dans le cadre de la procédure d’annulation. Cette ultime soumission clôt la phase des échanges écrits et ouvre désormais la voie aux plaidoiries devant le comité.
Entamée en mars 2018, l’affaire dite «Samir» figure parmi les arbitrages internationaux les plus délicats impliquant le Maroc. Elle est examinée par le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), organisme affilié au Groupe de la Banque mondiale et spécialisé dans la résolution des litiges entre États et investisseurs étrangers.
Le comité ad hoc chargé de statuer sur la demande d’annulation, introduite par le Maroc, est présidé par l’arbitre suisse Matthias Scherer et composé également de Claudia Annacker (Autriche) et Sofia Martins (Portugal). Le 30 juin 2025, ce comité avait décidé de maintenir le gel de l’exécution de la sentence arbitrale rendue en faveur du groupe Corral Petroleum.
Pour rappel, le 15 juillet 2024, le Cirdi avait condamné le Maroc à verser environ 150 millions de dollars au groupe suédois Corral Petroleum, principal actionnaire de la raffinerie Samir, propriété de l’homme d’affaires saoudo-éthiopien Mohammed Al-Amoudi.
À la suite de cette décision, les deux parties ont introduit des recours en rectification. Puis, le 6 décembre 2024, le secrétaire général du Cirdi a officiellement enregistré la demande d’annulation partielle déposée par le Maroc, entraînant la suspension provisoire de l’exécution de la sentence.
Dans sa requête initiale, Corral Petroleum accusait le Maroc d’avoir violé plusieurs dispositions du traité bilatéral d’investissement conclu en 1990 entre la Suède et le Maroc. Le groupe réclamait jusqu’à 2,7 milliards de dollars de dédommagement.
Corral reproche notamment aux autorités marocaines d’avoir entravé volontairement l’activité de la raffinerie de Mohammedia, dans une logique qui aurait visé, selon lui, à faciliter son expropriation, sa liquidation puis une éventuelle nationalisation. Parmi les griefs avancés figurent notamment le gel jugé arbitraire des comptes bancaires de la Samir, l’interdiction d’accostage de navires pétroliers au port de Mohammedia ou encore l’absence de mesures destinées à préserver la compétitivité de l’entreprise.






