Casa: des sites, une mémoire (EP8). Ancienne médina de Casablanca: le cœur battant d’une mémoire en mutation​

Dans une ruelle de l'ancienne médina de Casablanca. (S.Elbleghiti/Le360)

Le 19/03/2026 à 17h38

VidéoAu cœur de la métropole casablancaise, l’ancienne médina s’impose comme un lieu de mémoire, où chaque ruelle raconte l’histoire d’une cité en perpétuelle mutation. Entre ferveur spirituelle, héritage diplomatique et trésors architecturaux menacés par l’oubli, ce huitième épisode propose une déambulation à la fois nostalgique et nécessaire. Guidés par Mustapha Samoura, enfant du quartier, nous partons à la redécouverte de ce carrefour de la modernité marocaine, aujourd’hui en quête de préservation de son âme.

Cette escale culturelle met en lumière l’ancienne médina, espace emblématique ayant façonné l’identité de la métropole au fil des siècles. Accompagnés de Mustapha Samoura, figure locale passionnée par l’histoire de son quartier natal, nous découvrons un territoire marqué par le temps, mais qui recèle encore des trésors architecturaux et spirituels d’une grande valeur.

​«L’ancienne médina se distingue par une densité historique exceptionnelle, abritant des mausolées, des cinémas d’époque, des hôtels et des places publiques qui témoignent des mutations de la ville, de l’ère précoloniale à l’influence du protectorat», nous conte t-il.

L’ancienne médina se présente comme un système urbain autonome et singulier. On y perçoit comment la modernité a su s’infiltrer au-delà des remparts, plaçant la médina au centre d’une dynamique d’urbanisation avant-gardiste qui a ensuite rayonné sur le reste de la cité blanche.

​Pourtant, le constat actuel est empreint d’une certaine mélancolie. «De nombreux monuments, autrefois au cœur de la vie sociale et de l’élan moderniste des Casablancais, se retrouvent aujourd’hui marginalisés ou fermés au public», dénonce Mustapha Samoura.

L’épisode d’aujourd’hui nous emmène sur les traces des célèbres mausolées de «Sidi Bousmara» et de «Lalla Chafia». Ces lieux de dévotion ne sont pas seulement des édifices religieux: ils représentent des points d’ancrage social où les habitants ont tissé, au fil des générations, des liens quotidiens faits de traditions et de quêtes de bénédiction.

​Au détour des ruelles et sous les arches séculaires, Mustapha Samoura nous révèle également l’ancienne fonction diplomatique du quartier. «Les anciennes chancelleries et consulats, dont les structures tiennent encore tête à l’oubli, portent les stigmates du temps et de l’activité humaine. Si certains motifs artistiques et détails architecturaux s’effacent peu à peu, la médina demeure ce carrefour unique où se sont croisés les mondes politique, syndical et culturel», rappelle t-il.

Des demeures d’illustres médecins aux berceaux de grands clubs sportifs nationaux, chaque pierre de la médina raconte l’histoire d’une microsociété qui a façonné, à son échelle, les contours du Maroc moderne.

Par Achraf El Hassani et Sif Eddine Elbleghiti
Le 19/03/2026 à 17h38