Xavier Driencourt

La chronique de Xavier Driencourt

Deux fois ambassadeur à Alger, fin connaisseur des rouages du pouvoir et auteur du livre à succès L'énigme algérienne, Xavier Driencourt est réputé pour son expertise sur les relations franco-algériennes. Observateur avisé, il partage ses analyses à travers ses écrits et interventions.

Les enseignements de la CAN: l’Algérie et le foot
Au-delà de la passion, le football fait office de «soupape». Il appartient à cette catégorie de régulateurs sociaux — au même titre que la religion, l’économie informelle ou l’obsession du visa — qui permettent de canaliser, ou du moins d’évacuer, un mal-être profond. En se réfugiant dans le stade, chacun tente d’échapper à une réalité atone. Ce rôle de «défouloir» politique confère au football algérien une dimension sociologique rare, que l’on peine à retrouver ailleurs avec une telle intensité.
Ségolène Royal, le nouveau ministre de l’Algérie
En fait, Ségolène Royal propose que seule la France fasse des concessions à l’Algérie. Elle semble conclure que seule la France est responsable de la crise actuelle et que l’Algérie a droit à tous les égards. C’est assurément ce que souhaite Alger et c’est en ce sens que la présidente de l’AFA risque de devenir, si le gouvernement n’y prend garde, un véritable «ministre des Affaires algériennes».
À vouloir trop en faire, Alger finit par montrer son vrai visage
Non content d’avoir gagné la première manche, la suppression de mon interview, Alger a voulu profiter de son avantage. On peut aisément imaginer que l’Algérie, au cours des prochaines élections - municipales ce printemps et présidentielle en 2027-, utilisera pleinement tous ses relais afin de peser dans la politique intérieure française. On aurait tort de sous-estimer ce régime policier prêt à toutes les manœuvres pour affaiblir la France.
Criminaliser la colonisation?
Demander des réparations pour les essais nucléaires, c’est oublier que ces essais ont été effectués avec l’accord du gouvernement algérien, puisqu’une clause des Accords d’Evian permettait à l’ancienne puissance coloniale de poursuivre ces essais nucléaires avec l’assentiment des négociateurs algériens jusqu’en 1967.
On a changé de monde et on ne s’en rend pas compte
Il serait simpliste de croire que tout a changé depuis l’élection de Donald Trump. Trump nous met, tous, devant nos contradictions. Il souligne la faiblesse de l’Europe, sa passivité, son impuissance quasi-congénitale face à un monde en plein bouleversement. Il nous interpelle et appelle à nous redresser.
Le procès de la France comme celui du Maroc?
La lecture du discours du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, donne l’impression d’un retour rhétorique aux années Boumediene et à l’imaginaire politico-idéologique de Frantz Fanon.
Algérie cherche Alliés désespérément… RSVP par message privé
Pour la première fois depuis l’indépendance, l’Algérie a voté avec les États-Unis– et de facto contre la position palestinienne– dans cette résolution 2803. Alger a abandonné 60 ans de doctrine, brûlé son capital symbolique «Palestine» et fait exactement ce qu’elle avait juré de ne jamais faire… juste pour acheter un peu d’oxygène diplomatique après la résolution 2797 sur le Sahara.
Christophe Gleizes ou le procès de la Kabylie
C’est d’abord, derrière Christophe Gleizes, victime d’un système despotique, le procès de la Kabylie, le procès des autonomistes kabyles et de tous ceux qui s’opposent au pouvoir absurde d’Alger. C’est un avertissement à ces derniers et d’autant plus qu’ils ont le vent en poupe. Le MAK compte proclamer l’indépendance de la Kabylie, à la mi-décembre, défi considérable adressé au pouvoir algérien.
Comment la politique intérieure influence-t-elle la politique étrangère?
L’Algérie insulte, interdit, refuse, humilie– et la France se tait ou murmure. Certains sont allés jusqu’à dire que la reconnaissance de la Palestine comme État était liée à ces jeunes binationaux qu’il fallait amadouer.
Les leçons de la libération de Boualem Sansal
Il faut arrêter de congratuler Alger, de féliciter le président Tebboune et de le remercier pour son humanisme, sa générosité, sa grandeur d’âme. Là encore, de qui se moque-t-on? Si les militaires et leurs alliés au pouvoir à Alger étaient des humanistes, on le saurait à Paris, comme dans le reste du monde, depuis 1962. Ceux qui fuient l’Algérie resteraient dans leur pays si les dirigeants étaient des humanistes! La réalité c’est bien que le régime d’Alger est un système militaro-policier sans affects ni humanisme et qui n’agit que sous la contrainte.