Florence Kuntz

La chronique de Florence Kuntz

Ancienne députée au Parlement européen et membre de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, Florence Kuntz est consultante en stratégies institutionnelles et affaires publiques européennes. Ses chroniques portent essentiellement sur les problématiques en relation avec l’Union européenne.

Accord UE–Israël: une arme pour la paix?
La pression monte à Bruxelles. D’un Conseil «Affaires étrangères» à l’autre, les États membres se rapprochent d’un accord contre… l’Accord. Sanctions contre des colons israéliens violents, mesures ciblées contre certains ministres, restrictions commerciales: ce qui relevait encore hier du tabou diplomatique devient progressivement un instrument de pression politique. L’accord d’association UE–Israël pourrait ainsi se transformer en arme par destination, au service de la paix.
France-Algérie: les Français sont-ils mabouls?
En déplacement dans le sud de la France, le président Macron a dégainé une formule argotique pour fustiger les partisans d’un rapport de force avec Alger: «Allez le dire à tous les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie». Exégèse de la punchline élyséenne.
La tomate à toutes les sauces
Il y a la tomate que l’on voit– fraîche, rouge, calibrée, saisonnière– devenue la star des tensions politiques entre le Maroc et le Parlement européen. Et puis il y a l’autre, celle qui se dissout dans les sauces, les purées, les recettes industrielles: un concentré de mondialisation. Et celle-là échappe trop souvent au débat public.
Christophe Lecourtier, à la bonne place, au bon moment
À l’heure où l’ambassadeur de France au Maroc est officiellement nommé directeur général de l’Agence française de développement, les qualités de ce grand serviteur de l’État seront précieuses à la tête d’une agence dont le Royaume est le premier bénéficiaire.
IA: Maroc-Europe, le partenariat augmenté
À Marrakech, l’édition 2026 du Gitex Africa n’a pas seulement confirmé la montée en puissance du Maroc numérique. Elle a aussi acté une convergence stratégique entre le Royaume du Maroc et l’Europe autour de l’Intelligence Artificielle.
Gibraltar: ce que nous dit l’accord UE–Royaume-Uni
Rocher avancé à une vingtaine de kilomètres des côtes marocaines, Gibraltar n’est pas qu’une anomalie diplomatique post-Brexit. L’accord conclu entre l’Union européenne et le Royaume-Uni –dont les Européens viennent d’annoncer une entrée en application provisoire à l’été– dépasse le sort de ce territoire. Laboratoire européen aux enjeux commerciaux, migratoires et militaires, il dit aussi une manière, pour l’Europe, d’organiser ses relations avec ses voisins qui intéresse directement le Maroc.
Le Maroc, frontière avancée de l’Europe industrielle
Avec l’Industrial Accelerator Act, Bruxelles change de doctrine industrielle. L’heure est à la reconquête: l’Europe entend désormais orienter la production, conditionner l’accès à ses marchés publics et protéger ses chaînes de valeur. Dans cette recomposition, le Maroc se retrouve en première ligne.
Vive les lycées français de l’étranger!
La semaine de la francophonie s’achève sur un chiffre flatteur, le français est la quatrième langue la plus parlée au monde. Un succès statistique qui ne doit pas masquer une réalité inquiétante; la diplomatie de la langue française est fragilisée par la crise existentielle de l’un de ses instruments les plus puissants: le réseau des lycées français à l’étranger.
Accords Maroc-UE: le Parlement européen, nouvel acteur décisif?
C’était l’une des promesses faites par Ursula Von der Leyen aux eurodéputés appelés à confirmer son second mandat en juillet 2024: accroître le rôle du Parlement européen avant la fin de la législature. C’est chose faite. Et derrière un texte technique se cache une évolution institutionnelle sensible, le renforcement du pouvoir politique du PE dans la conduite des accords commerciaux signés par l’UE avec les pays tiers.
Made in Europe: chronique d’un lobbying en trois temps
Présenté comme l’instrument central du redressement industriel de l’Europe, l’Industrial Accelerator Act (IAA) prévoit d’introduire une forme de préférence européenne dans les secteurs stratégiques bénéficiant de financements publics. Une rupture? Culturelle, sans doute, pour une Union européenne longtemps réticente à toute politique industrielle souveraine. Mais pas dans les logiques de pouvoir qui s’y affrontent. La bataille autour du «Made in Europe» offre un modèle de lobbying en trois temps, où se mêlent clivages entre eurocrates, intérêts divergents des États membres et stratégies parlementaires.