Un directeur d’hôpital démissionne après avoir refusé de cautionner des marchés suspects

Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale.

Revue de presseLe professeur Yassine El Hefiani, directeur de l’hôpital régional Zemmouri, a présenté sa démission après avoir refusé de signer des documents liés à des projets et marchés jugés irréguliers. Sa décision intervient alors que le ministère de la Santé a ouvert une enquête sur ces irrégularités. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 25/03/2026 à 20h28

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a refusé d’approuver la démission du professeur Yassine El Hefiani, directeur de l’hôpital régional Zemmouri, déposée pour la deuxième fois sur le bureau du ministre. Selon des sources syndicales citées par le quotidien Assabah dans son édition du jeudi 26 mars, El Hefiani avait entrepris un nettoyage des foyers de corruption. Sa démission, qui avait suscité un large soutien parmi le personnel, les infirmiers, les patients et leurs familles, serait motivée par plusieurs raisons. La principale réside dans son refus d’approuver des marchés douteux affectant les bâtiments du nouvel hôpital et de signer tout document relatif à des projets ou équipements dont la gestion posait de graves soupçons de dysfonctionnements.

Assabah révèle l’ampleur de ce dossier sensible, sur lequel le ministre de la Santé s’est engagé à ouvrir une enquête et à mobiliser l’inspection générale du ministère afin d’établir la vérité et d’appliquer les sanctions légales. «Ces irrégularités ont touché non seulement la gestion administrative et financière, mais également la sécurité des patients et les conditions de travail du personnel médical», note Assabah. Face à ces anomalies, le directeur de l’établissement a refusé de participer à tout processus qui pourrait légitimer ou entériner ces pratiques.

Cette position a été chaleureusement saluée par des acteurs du secteur de la santé, des associations de protection de l’argent public et des ONG, qui y ont vu un geste responsable visant à protéger les fonds publics et à préserver le service hospitalier. «Mais cette fermeté a également intensifié les tensions à l’intérieur de l’établissement et au-delà, créant une sorte de guerre silencieuse contre le directeur démissionnaire, à laquelle ont pris part diverses parties estimant que son refus menaçait leurs intérêts», précise Assabah.

La situation a été compliquée par une ironie amère. Une commission envoyée par les services centraux du ministère a imputé aux personnels soignants les dysfonctionnements constatés, en invoquant un prétendu mauvais usage. Cette accusation a provoqué un profond mécontentement parmi les professionnels de santé, qui ont organisé un rassemblement de solidarité demandant une identification claire des véritables responsables avant toute décision ou sanction.

Le lobby incriminé a réussi à exploiter cette crise, conduisant finalement à la démission d’El Hefiani. Cette affaire relance de profondes questions sur la transparence dans la mise en œuvre des réformes du système de santé, notamment à la lumière d’affaires antérieures, dont certaines avaient éclaté en mars 2022 et impliquaient des personnes poursuivies pour des infractions graves, allant de la constitution de bandes criminelles à la corruption, au détournement de fonds publics, à la falsification de documents officiels et à leur utilisation abusive.

Par La Rédaction
Le 25/03/2026 à 20h28