La chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat a rendu, tard dans la soirée de jeudi dernier, un verdict condamnant à la réclusion criminelle à perpétuité un jeune homme toxicomane reconnu coupable du meurtre de sa mère adoptive, après l’avoir agressée sexuellement. Cette peine vient confirmer celle prononcée en janvier dernier en première instance, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du weekend du 11 et 12 avril.
L’accusé avait comparu une première fois en janvier, à l’issue d’une instruction approfondie menée par le juge d’instruction compétent, au cours de laquelle les faits lui avaient été exposés avec précision. Le procès initial avait alors mis en lumière les contours d’un crime d’une extrême gravité, suscitant une vive émotion dans l’opinion publique.
Les faits remontent à juin de l’année dernière, dans la région de Sidi Yahya Zaer, située à la périphérie de Témara. Ce jour-là, un jeune homme âgé de 25 ans s’en est pris à sa mère adoptive, âgée de 45 ans, avec laquelle il vivait depuis plus de vingt ans. Après l’avoir agressée sexuellement, il lui a ôté la vie dans des circonstances particulièrement violentes. Les examens médico-légaux, ordonnés par le parquet compétent, ont confirmé la nature des sévices infligés à la victime, relate Al Akhbar.
D’après les éléments de l’enquête, le suspect aurait consommé une quantité importante de stupéfiants et de substances psychotropes avant de regagner le domicile familial dans la nuit des faits. C’est dans cet état qu’il aurait commis l’irréparable. La scène découverte par les premiers intervenants a été décrite comme particulièrement choquante. La victime a été retrouvée nue, ligotée, portant des traces évidentes de violences physiques, ce qui atteste, selon les enquêteurs, du caractère particulièrement brutal de l’agression.
L’alerte a été donnée par des habitants du quartier, qui ont découvert le corps sans vie de la victime et immédiatement prévenu les services de la Gendarmerie royale. Une enquête judiciaire a été ouverte sous la supervision du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat. Très rapidement, les soupçons se sont portés sur le fils adoptif, notamment en raison de son comportement lors des funérailles, où il s’est effondré de manière jugée suspecte devant les proches et les voisins.
Interpellé peu après, il a fini par reconnaître les faits lors de son interrogatoire. Dans ses déclarations, il a affirmé avoir agi sous l’effet de la drogue, évoquant un état d’altération avancée de ses facultés au moment des faits. Il a également indiqué ne pas avoir pleinement mesuré la gravité de son acte au moment de sa commission, lit-on dans Al Akhbar.
Des témoignages recueillis auprès de voisins décrivent un individu en proie à une dépendance sévère aux stupéfiants, entretenant des relations conflictuelles avec sa mère adoptive. Celle-ci aurait été régulièrement contrainte de lui fournir de l’argent pour satisfaire ses besoins en drogue. Toutefois, personne dans l’entourage n’aurait imaginé une telle escalade de violence.




