Soutien de 12,8 milliards de dirhams: à Taourirt, la relance du cheptel se concrétise

Élevage ovin dans la province de Taourirt: grâce au programme de soutien public, les troupeaux se reconstituent et les éleveurs abordent l’Aïd Al-Adha avec davantage de sérénité. (M.Chellay/Le360)

Le 28/03/2026 à 18h02

VidéoÀ l’approche de l’Aïd Al-Adha, le moral des éleveurs de la province de Taourirt reprend des couleurs. Porté par un programme de soutien de 12,8 milliards de dirhams, le processus de reconstitution du cheptel se concrétise sur le terrain. Entre aides directes, préservation des femelles reproductrices et atténuation des effets de la sécheresse, le dispositif gouvernemental vise à sécuriser l’offre pour la fête du sacrifice tout en relançant une filière durement éprouvée. Reportage.

À quelques semaines de l’Aïd Al-Adha, la province de Taourirt amorce un net redressement. Sur le terrain, loin des discours officiels, les éleveurs de la région en témoignent: le programme de reconstitution du cheptel a constitué un véritable levier de relance, permettant de sauvegarder une activité durement éprouvée par des années de sécheresse structurelle.

​Dans la commune de Aïn El Hajar, le constat de Omar Essoufi, éleveur local, est sans appel. Pour lui, tout s’est joué sur le timing. «L’opération d’identification lancée en juillet a été le point de départ, suivie du soutien financier versé en novembre», nous confie-t-il. Avec une aide de 75 dirhams par tête, complétée par une prime globale de 400 dirhams, l’impact sur son exploitation est concret: «Cela m’a permis de garder mes brebis au lieu de les brader. Mon troupeau est passé de 80 à près de 180 têtes.» Un indicateur clair d’un redressement de la capacité de production.

​Même son de cloche du côté des tribus des Beni Guil. Noureddine Bouaïcha, éleveur de la zone, explique que la préservation des femelles n’est plus une option, mais un choix stratégique encouragé par l’État. Pour les éleveurs possédant plus de 100 têtes, l’enveloppe globale a atteint 17.500 dirhams (répartis en deux tranches de 10.000 et 7.500 DH). Résultat? Une dynamique qui permet d’aborder les préparatifs de l’Aïd avec beaucoup plus de sérénité que les années précédentes.

​À la Direction provinciale de l’agriculture (DPA) de Taourirt, on rappelle que ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Aymane Lemghari, chef du service de la protection sociale et des statistiques, détaille un processus rigoureux en trois étapes: recensement, identification, puis contrôle rigoureux du maintien des femelles (ovins et caprins). Selon les premières données de la DPA, le taux de femelles dans le cheptel de la province avoisine désormais les 72%, preuve de l’adhésion massive des professionnels au programme.

​12,8 milliards de dirhams pour sécuriser l’offre

​Au niveau national, l’enjeu dépasse les frontières de Taourirt. Ce chantier s’inscrit dans un programme exceptionnel (2025-2026) doté d’un budget colossal de 12,8 milliards de dirhams. Mustapha Baïtas, porte-parole du gouvernement, a précisé que 1,15 million d’éleveurs ont déjà bénéficié de la première tranche, pour un coût total engagé de 5,5 milliards de dirhams, principalement fléchés vers l’achat d’aliments de bétail et la sauvegarde des femelles reproductrices.

​Alors que les contrôles sur le terrain ont débuté le 24 mars dernier, étape cruciale avant le déblocage de la seconde tranche, les signaux sont au vert. Entre la froideur des chiffres et la réalité du terrain, une certitude émerge: ce soutien n’a pas seulement soulagé les éleveurs, il a sécurisé l’offre pour le prochain Aïd Al-Adha, tout en posant les jalons d’une durabilité tant attendue pour le secteur.

Par Mohammed Chellay
Le 28/03/2026 à 18h02