Révision du découpage administratif: pour une gouvernance locale plus efficace

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur.

Revue de presseFace à l’évolution démographique et urbanistique, particulièrement dans les grandes villes du Royaume, il devient plus qu’urgent de revoir le découpage administratif dont les lignes n’ont pratiquement plus bougé depuis plus de trois décennies. Pour les besoins de l’efficacité de la gouvernance locale et du développement durable, un nouveau découpage administratif est en gestation, avec en ligne de mire son corollaire de découpage électoral qui fait polémique. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 04/12/2025 à 20h28

Les services provinciaux de l’administration territoriale ont quasiment terminé la phase de réception des propositions et demandes émanant des élus et des représentants de la société civile, relatives à la révision du découpage administratif. Selon le quotidien Assabah, dans son édition du vendredi 5 décembre, ces propositions ont été déclinées lors de la tenue de multiples réunions de consultations avec les autorités administratives locales.

Il ressort ainsi des procès-verbaux de ces réunions que les propositions relatives au découpage administratif, soumises aux gouverneurs, concernent le rattachement de certains douars et quartiers résidentiels à de nouvelles communes autres que celles dont ils dépendaient jusqu’ici. Ce déploiement permettrait ainsi à certains administrés d’avoir des services administratifs de proximité, plus rapides et plus fluides, comme l’exigent la bonne gouvernance et le développement durable dans tous les domaines.

La nouvelle carte administrative a été imposée par la nécessité d’être au diapason de l’évolution démographique et de la prolifération de nouveaux quartiers résidentiels en milieu urbain, surtout que l’actuel découpage administratif, à part quelques rares exceptions, date de plus de 30 ans.

Parmi les critiques reprochées à l’ancien découpage électoral, certains élus ont relevé son manque d’équité électorale, du moment que l’on retrouve aujourd’hui beaucoup plus d’élus dans de petites circonscriptions rurales, alors que des quartiers en ville, beaucoup plus peuplés, sont sous-représentés à cause d’un quota de sièges moins important.

À la veille des prochaines échéances électorales, des élus et membres de la société civile ont proposé aux gouverneurs de corriger toutes les anomalies que l’expérience a mises à nu au niveau des découpages administratif et électoral. Ils demandent à ce titre de mieux identifier les circonscriptions électorales en tenant compte de l’équilibre démographique.

Certains élus sont allés jusqu’à accuser les partis de la majorité actuelle de profiter du découpage électoral en vigueur pour accaparer plus de sièges électifs, surtout au niveau des petites circonscriptions électorales, ce qui est contraire, à leurs yeux, à l’équité représentative.

Par ailleurs, Assabah revient sur la discussion des projets de lois électorales au niveau du Parlement pour rappeler qu’en matière de découpage électoral, l’équité démographique a été prise en compte. Ainsi, par exemple, il a été décidé que chaque province n’aura plus qu’une seule circonscription électorale. Azilal, Khémisset, Taounate… qui disposaient jusqu’ici de deux circonscriptions n’en auront plus qu’une seule, et donc moins de sièges, à l’image de Béni Mellal, Khouribga, El Jadida et Settat. Ce qui rend plus homogène la carte électorale. Dans le cadre de sa présentation des projets de lois électorales, le ministère de l’Intérieur s’est défendu de toute velléité de mettre en place un découpage administratif ou électoral qui favoriserait certains partis au détriment d’autres.

Par La Rédaction
Le 04/12/2025 à 20h28