Remboursement médical: l’ANAM sous le feu des critiques

Le siège de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) . DR

Revue de presse Sous le feu des critiques, l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) voit son rôle de protecteur se muer en obstacle. Des retards systémiques dans le traitement des dossiers et des listes de médicaments obsolètes plongent des milliers d’assurés dans une précarité administrative, transformant le parcours de soin en un véritable parcours du combattant. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Akhbar.

Le 02/01/2026 à 20h27

La gestion de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) fait l’objet de vives critiques, mettant en cause des dysfonctionnements systémiques aux conséquences humaines sévères. Deux griefs majeurs sont au cœur de la polémique: des retards considérables dans l’instruction des dossiers médicaux et l’obsolescence des listes de médicaments remboursables. «Cette double carence place des milliers d’assurés dans une situation intenable, tiraillés entre des procédures administratives lentes et une explosion des coûts de traitement», rapporte Al Akhbar dans son édition du week-end des 3 et 4 janvier.

Ainsi, de nombreux dossiers pourtant complets, concernant des pathologies nécessitant des traitements continus ou des thérapies innovantes, demeurent en suspens pendant des semaines, voire des mois. Les requérants dénoncent l’impossibilité d’obtenir des délais clairs de réponse et l’opacité des canaux de communication. Ces défaillances ne constituent pas des incidents isolés, mais un phénomène structurel. Il se manifeste notamment par le non-remboursement de médicaments pourtant prescrits comme essentiels, car absents de listes non actualisées.

Certains observateurs dénoncent une administration prisonnière d’un formalisme excessif, où le strict respect des procédures prime sur l’urgence humaine. Cette rigidité, en refusant toute flexibilité pour les cas critiques ou sociaux, pervertit la mission de l’ANAM: d’outil de protection, elle devient une barrière supplémentaire à l’accès aux soins.

«Pour les professionnels de santé et les défenseurs des droits, la crise dépasse la simple dimension technique et administrative. Elle interroge fondamentalement la gouvernance et l’efficacité du système d’indemnisation, alors même que l’ambition affichée est de généraliser une protection sociale juste et équitable», note Al Akhbar. Ils appellent à une réforme urgente, l’établissement de délais légaux contraignants pour le traitement des dossiers, une révision régulière et transparente des listes de médicaments afin de les aligner sur l’innovation thérapeutique, et la priorisation de l’impératif de soin face à la logique administrative.

Par Hassan Benadad
Le 02/01/2026 à 20h27