Ramadan: entre ferveur spirituelle et fièvre des dépenses alimentaires

Étal de légumes prêt à la cuisson au marché jmiâa de Derb Sultan à Casablanca. (S.Bouchrit/Le360)

Revue du webÀ l’approche du mois sacré, les marchés marocains connaissent une effervescence particulière, marquée par une forte hausse de la consommation alimentaire et des achats d’équipements domestiques. Si cette dynamique stimule l’activité commerciale, elle accentue aussi la pression sur le budget des ménages, notamment les plus modestes, contraints parfois de recourir au crédit pour faire face aux dépenses exceptionnelles liées au Ramadan. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 10/02/2026 à 20h06

Avec l’approche du mois de Ramadan, les dépenses des ménages consacrées à l’alimentation connaissent une hausse notable, touchant aussi bien les familles modestes que les catégories aisées. «La demande s’intensifie particulièrement pour les produits incontournables de la table du ftour, notamment les légumineuses, les dattes, les pâtisseries traditionnelles, les jus, ainsi que le poisson, le poulet et les œufs», indique le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 11 février.

À l’approche de ce mois sacré, les marchés enregistrent une activité soutenue. Les commerçants multiplient les approvisionnements afin de répondre à une demande en forte progression. Cette dynamique commerciale contribue à stimuler l’économie locale, mais elle alourdit également le budget des ménages, en particulier celui des familles à revenus modestes. La hausse de la consommation pendant cette période engendre des dépenses exceptionnelles qui pèsent lourdement sur leurs finances.

Durant le Ramadan, les grandes surfaces connaissent également une affluence remarquable. Elles proposent une large gamme de produits liés aux traditions culinaires du mois sacré, avec des plats dont la variété dépend à la fois du pouvoir d’achat et des habitudes régionales. Les enseignes commerciales profitent aussi de cette période pour lancer des offres promotionnelles et des facilités de crédit destinées à encourager l’achat d’équipements électroménagers liés à la cuisine.

«Comme chaque année, les autorités compétentes annoncent la mobilisation de leurs services afin d’assurer l’approvisionnement régulier des marchés, de contrôler la qualité des produits et de surveiller les prix», relève Assabah. Ces opérations visent également à lutter contre la fraude et les pratiques commerciales illicites, notamment la mise en vente de produits périmés, phénomène qui tend à se multiplier sous l’effet de la forte demande.

Dans plusieurs marchés visités par le quotidien, des commerçants affirment que l’ensemble des produits est disponible en quantités suffisantes et à des prix jugés raisonnables, grâce à un approvisionnement constant provenant aussi bien de la production nationale que des importations. Les étals regorgent de légumineuses, de fromages, de variétés de miel, d’épices, ainsi que d’ingrédients indispensables à la préparation des pâtisseries traditionnelles très prisées durant cette période. Les concentrés de tomate, les huiles alimentaires, les différentes variétés de beurre et les fruits secs, largement utilisés dans la cuisine ramadanesque, figurent également parmi les produits les plus demandés.

Cependant, malgré les contraintes liées à l’inflation et à la hausse générale des prix, les habitudes de consommation au Maroc poussent de nombreux ménages à revenus limités à recourir aux crédits à la consommation pour faire face aux dépenses du Ramadan. Cette situation se traduit par une augmentation notable des demandes de financement auprès des établissements bancaires et des sociétés de crédit.

Les témoignages de nombreuses ménagères rapportés par Assabah confirment que le coût du Ramadan nécessite un budget conséquent, difficilement compatible avec les revenus mensuels déjà absorbés par les charges fixes, telles que le loyer ou les mensualités de logement, ainsi que les factures d’eau, d’électricité, de télécommunications, sans oublier les dépenses courantes liées à l’alimentation et aux soins médicaux.

La situation est d’autant plus difficile pour les familles à faibles revenus, confrontées à une conjoncture économique marquée par la cherté de la vie. Cette hausse des prix affecte l’ensemble des produits alimentaires de base et se répercute encore davantage sur la table du Ramadan, souvent caractérisée par une consommation excessive, parfois accompagnée d’une mauvaise gestion des achats et d’un gaspillage alimentaire important. Une partie non négligeable des produits achetés finit ainsi dans les poubelles.

Dans les rayons alimentaires et les espaces dédiés aux équipements domestiques des grandes surfaces, l’affluence est particulièrement visible. Les consommateurs se ruent sur les légumineuses, les dattes, les pâtes alimentaires, les huiles, les différentes variétés de farine et les fruits secs. Parallèlement, la demande pour les équipements ménagers, tels que les ustensiles de cuisine, les fours, les plaques de cuisson ou encore les appareils pour préparer des jus de fruits et de légumes, connaît également une forte progression.

Dans une grande surface du quartier Hay Hassani, à Casablanca, l’ampleur de l’affluence a été particulièrement frappante. Des clients issus de différentes catégories sociales se pressaient pour acheter les produits nécessaires à la préparation de la table du Ramadan. Ce phénomène soulève de nombreuses interrogations sur la culture de consommation au Maroc, au regard des quantités importantes de denrées alimentaires achetées, qui semblent parfois correspondre à des stocks prévus pour plusieurs mois, plutôt qu’aux besoins réels du seul mois de jeûne.

Par La Rédaction
Le 10/02/2026 à 20h06