Le Maroc s’apprête à franchir une étape majeure dans la modernisation de son système de santé, avec le lancement prochain des ordonnances électroniques, indique le quotidien Assabah de ce lundi 16 mars, citant le ministère de la Santé et de la Protection sociale. Ce projet pourrait transformer radicalement l’expérience médicale des patients, en simplifiant leur parcours de soins et en réduisant les lourdeurs administratives qui ont longtemps ralenti le système. La phase pilote débutera à Kénitra avant d’être progressivement étendue aux autres villes du Royaume dans les mois à venir. L’objectif affiché est ambitieux: permettre aux Caisses nationales de sécurité sociale de numériser ses services et de réduire les coûts engendrés par le traitement papier, estimés à près de cent millions de dirhams chaque année.
Le fonctionnement du dispositif repose sur une plateforme numérique commune à tous les acteurs de la santé. Lorsqu’un patient consulte un médecin, celui-ci lui délivrera une ordonnance électronique dotée d’un code unique. Ce code sera ensuite utilisé par le pharmacien ou le laboratoire pour accéder au dossier médical du patient et enregistrer les traitements ou analyses réalisés. Le système offre ainsi un suivi en temps réel de l’ensemble du parcours médical, depuis la consultation jusqu’au remboursement, tout en centralisant l’historique des soins. Les patients pourront suivre leurs remboursements et consulter l’ensemble de leur dossier en ligne, tandis que les professionnels de santé auront un accès complet aux informations médicales passées, évitant la multiplication des documents papier et les risques d’erreur ou de perte, a-t-on lu dans Assabah.
La transition vers ce nouveau système sera progressive. Dans un premier temps, le papier ne disparaîtra pas complètement. Il s’agira plutôt d’une phase de coexistence, afin de corriger les éventuels dysfonctionnements et de s’assurer que le dispositif numérique fonctionne de manière fluide avant d’être généralisé. Cette approche prudente reflète la complexité de la numérisation d’un secteur aussi vaste et diversifié que la santé, où l’implication simultanée de médecins, pharmaciens, laboratoires et autres intervenants est essentielle pour garantir l’efficacité du système.
Des questions restent encore ouvertes, notamment en ce qui concerne le versement des remboursements et la rémunération des professionnels de santé. Le gouvernement est en discussion avec les différents acteurs pour déterminer si les paiements se feront intégralement avant remboursement ou seulement pour la différence, et pour définir les incitations nécessaires à une participation complète. Le projet nécessite non seulement des ajustements logistiques, mais aussi un engagement humain et organisationnel important.
Si toutes les conditions sont réunies, la réussite de cette initiative pourrait marquer un tournant historique pour le système de santé marocain. Au-delà de la simplification administrative, elle offrirait aux patients un véritable suivi personnalisé, avec une traçabilité complète de leurs analyses et traitements. Les institutions nationales pourraient ainsi moderniser leur fonctionnement, optimiser les coûts et poser les bases d’une santé plus accessible et plus efficace pour tous. Le Royaume serait alors parmi les pays pionniers dans la région à déployer un tel dispositif, à même de concilier innovation technologique et amélioration concrète de la qualité de vie des patients.








