Les prix de la pomme de terre ont atteint des niveaux sans précédent dans plusieurs marchés nationaux, oscillant entre 9 et 10 dirhams le kilogramme, alors que cette denrée de base était vendue à des tarifs beaucoup plus bas à la même période l’an dernier. Cette hausse a suscité l’inquiétude et la colère de nombreux citoyens, qui soulignent que la pomme de terre reste l’un des légumes les plus consommés par les familles marocaines et que son prix devrait rester abordable afin de préserver le pouvoir d’achat, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du mardi 31 mars.
Les données du marché montrent qu’au cours de l’année précédente, le kilogramme de pomme de terre se vendait autour de 4 dirhams, avant de connaître une augmentation notable cette saison. Cette flambée des prix s’explique en partie par la baisse de la production et le retard dans les récoltes causé par des précipitations irrégulières, ainsi que par des dysfonctionnements dans la chaîne de distribution et le rôle des intermédiaires qui contribuent à la hausse des tarifs. Les consommateurs appellent les autorités compétentes à intervenir pour surveiller le marché et réguler les prix afin d’éviter de nouvelles augmentations susceptibles d’affecter encore davantage le pouvoir d’achat, particulièrement dans un contexte où plusieurs produits de première nécessité connaissent déjà des prix élevés.
Dans le même temps, les prix de l’oignon ont connu une augmentation significative au cours des derniers jours dans plusieurs marchés de Casablanca. Les prix sont passés de 10 à 12 dirhams le kilogramme à 14-15 dirhams dans certaines zones, rappelle Al Ahdath Al Maghribia. L’oignon frais se vend environ 7 dirhams le kilogramme mais reste de qualité inférieure, de petite taille et en quantité limitée sur le marché. Les oignons importés de France, des Pays-Bas et d’Égypte sont quant à eux vendus entre 7,5 et 8 dirhams.
Cité par le quotidien, un responsable du marché de Jellala, à Casablanca, explique que la hausse actuelle résulte principalement d’un déséquilibre entre l’offre et la demande, accentué par la fin de la saison de l’oignon, qui s’étend généralement de la mi-mars à la fin du mois. Les récentes précipitations et la vague de froid ont également endommagé une partie de la récolte, entraînant une baisse de qualité et poussant le Royaume à accroître ses importations pour répondre aux besoins les plus pressants.
Le même responsable a ajouté que les prix dans les quartiers populaires restent plus bas par rapport à certaines zones plus aisées, et que l’absence de surveillance dans certains marchés contribue au désordre et à la flambée des prix, faisant peser la charge sur le consommateur. Dans la majorité des marchés populaires, les citoyens expriment leur frustration face à des prix qui ne correspondent plus aux revenus des ménages, a-t-on pu lire dans Al Ahdath Al Maghribia. Les produits de base tels que les tomates, les pommes de terre et les oignons représentent désormais un fardeau quotidien pour le budget familial. Plusieurs consommateurs affirment que l’achat de légumes et de fruits ne peut plus se faire sans calcul précis, contrairement à auparavant.
Cette hausse des prix a des causes multiples: l’augmentation des coûts de transport liée à la hausse des carburants, les années de sécheresse successives qui ont affecté la production agricole, et la présence de nombreux intermédiaires dans les chaînes de distribution, ce qui entraîne un gonflement des prix entre le producteur et le consommateur. De nombreux citoyens imputent également la responsabilité aux autorités, qu’ils appellent à renforcer la surveillance des marchés, à limiter les spéculations et à prendre des mesures urgentes pour réguler les prix et assurer un approvisionnement régulier.
La résolution de cette situation nécessite des réformes structurelles dans le secteur agricole, un soutien accru aux petits producteurs et une amélioration des mécanismes de distribution, avec une réduction du nombre d’intermédiaires. Ces mesures sont essentielles pour garantir un équilibre équitable entre le producteur et le consommateur et pour stabiliser durablement le prix des denrées alimentaires de base, conclut Al Ahdath Al Maghribia.



