Les adouls intensifient leur mobilisation

Un adoul renseigne un registre.

Revue de presseAvec un sit-in symbolique au mausolée Mohammed V, des adouls ont exprimé leur rejet du projet encadrant leur profession, pointant un manque de concertation et des dispositions controversées, tout en appelant à une révision du texte et à l’ouverture d’un dialogue. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 29/03/2026 à 18h48

Des dizaines d’adouls ont participé, samedi dernier, à un sit-in symbolique au mausolée de Mausolée Mohammed V, lançant un appel pressant, dans un contexte marqué par la controverse persistante autour du projet de loi n°16.22 encadrant la profession de notariat adoulaire. Ce texte, qui suscite une vive contestation au sein du corps professionnel, cristallise depuis plusieurs semaines un profond malaise, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce lundi 30 mars. Cette initiative intervient dans le prolongement d’un mouvement de protestation organisé devant le siège du ministère de la Justice, à l’appel du Syndicat national des adouls du Maroc, affilié à l’Union générale des travailleurs du Maroc.

Les professionnels y ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une adoption précipitée du projet de loi, dénonçant l’absence d’une véritable concertation avec les acteurs du secteur. Selon eux, ni les propositions soumises par les adouls via les canaux institutionnels, ni les amendements formulés par les groupes parlementaires lors des phases de discussion, n’ont été réellement pris en compte. Au cœur de la contestation, les dispositions du texte actuel sont jugées préoccupantes. Les manifestants estiment qu’elles portent atteinte à l’essence même de leur métier, en réduisant son autonomie et en fragilisant sa pérennité au sein du système judiciaire marocain, écrit Al Akhbar.

Selon eux, le notariat adoulaire constitue un pilier fondamental de la sécurité contractuelle dans le pays, garantissant la protection des droits et la stabilité des transactions. Dès lors, toute réforme législative devrait, selon leur analyse, s’inscrire dans une démarche participative, respectueuse des spécificités historiques et professionnelles de cette institution. Les adouls ont également fait part de leur incompréhension face au silence des autorités gouvernementales, malgré une mobilisation soutenue qui s’est traduite par une série d’actions, allant de grèves nationales à l’envoi de correspondances officielles aux différentes parties concernées. Ce qu’ils qualifient de «manque de réaction» ne fait, à leurs yeux, qu’exacerber les tensions au sein de la profession et ouvrir la voie à une escalade du mouvement.

Ce recours à une forme de protestation à forte portée symbolique traduit, selon les participants, l’ampleur des inquiétudes qui traversent leur corps de métier. Il témoigne également de leur confiance dans le rôle de l’institution monarchique comme arbitre, capable d’assurer l’équilibre entre les différentes parties prenantes et de préserver la crédibilité des professions juridiques face à d’éventuelles dérives législatives. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre d’un programme de protestation escalatoire annoncé par le syndicat, comprenant une grève nationale s’étendant du 18 mars au 6 avril, ainsi que l’organisation de nouvelles actions dans plusieurs villes du Royaume, a-t-on pu lire dans Al Akhbar.

À travers cette montée en pression, les professionnels entendent contraindre les autorités à ouvrir un dialogue sérieux et responsable avec le ministère de la Justice. En filigrane, cette crise met en lumière un désaccord profond entre les adouls et les instances chargées de l’élaboration du projet, tout en soulevant des interrogations plus larges sur la méthode d’élaboration des lois régissant les professions judiciaires et sur le respect du principe de concertation inscrit dans la Constitution, notamment en ce qui concerne l’implication effective des acteurs directement concernés.

Par La Rédaction
Le 29/03/2026 à 18h48