Le ministère de l’Éducation nationale face à l’épreuve de la fraude aux examens

Mohamed Saad Berrada, ministre de l'Education nationale.

Mohamed Saad Berrada, ministre de l'Education nationale.

Revue de presseÀ la suite du scandale de fuite des sujets survenu en début d’année, le ministère de l’Éducation nationale renforce son dispositif de lutte contre la triche. Nouvelles règles de surveillance, changement des centres d’examen et encadrement plus strict: les autorités entendent restaurer la crédibilité des épreuves et garantir l’égalité des chances entre les candidats. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 05/04/2026 à 21h01

Deux mois après le scandale lié à la fuite des examens dans les écoles pionnières lors de la première session de l’année scolaire en cours, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement préscolaire et des Sports, Mohammed Saad Berrada, a décidé de durcir significativement les mesures de lutte contre la fraude, dans l’objectif d’éviter la répétition d’un tel incident et de restaurer la crédibilité du système d’évaluation.Selon une récente note ministérielle, reprise par le quotidien Assabah dans son édition du lundi 6 avril, le ministère a introduit une série de dispositions strictes visant à mieux encadrer le déroulement des examens. Parmi les décisions les plus marquantes figure l’interdiction faite aux élèves de passer leurs épreuves au sein des établissements où ils ont suivi leur scolarité. Cette mesure vise notamment à mettre fin à certaines pratiques jugées trop laxistes, comme une surveillance insuffisamment rigoureuse exercée par des enseignants connaissant déjà les candidats.

Dans ce cadre, les centres d’examen pour l’épreuve régionale unifiée sanctionnant la fin du cycle primaire seront désormais choisis parmi les établissements d’enseignement secondaire collégial ou qualifiant situés dans le même bassin scolaire. «La surveillance des candidats sera confiée à des enseignants du secondaire, qu’ils soient du collège ou du lycée, afin de garantir davantage de neutralité et de discipline lors des épreuves», note Assabah.

Toutefois, des exceptions sont prévues pour les établissements situés en milieu rural ou semi-urbain, où les contraintes logistiques rendent difficile l’application stricte de ces nouvelles orientations. Dans ces cas précis, les élèves pourront exceptionnellement composer dans leur établissement d’origine, à condition que l’ensemble du personnel mobilisé, du président du centre d’examen au secrétariat, en passant par les surveillants, soit désigné en dehors de l’établissement concerné, afin de préserver l’impartialité du processus.

Pour ce qui est de l’examen régional unifié du cycle collégial, les collèges pourront être retenus comme centres d’examen dans le cas où les lycées ne disposent pas d’une capacité d’accueil suffisante. Quant aux examens du baccalauréat, tant au niveau régional que national, ils continueront d’obéir aux procédures en vigueur, notamment en ce qui concerne la sélection et l’organisation des centres d’examen. Il est ainsi exigé de respecter strictement la capacité d’accueil, avec un maximum de vingt candidats par salle, ainsi que de prévoir des espaces spécifiques et isolés pour les candidats bénéficiant d’aménagements particuliers ou autorisés à être accompagnés, précise Assabah.

Le ministère souligne que l’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une stratégie globale visant à garantir la crédibilité des résultats, tout en consacrant les principes de mérite, d’équité et d’égalité des chances entre les candidats. La note insiste également sur la nécessité de renforcer l’efficacité de ces dispositifs sur le terrain, ce qui passe notamment par une révision des critères de sélection des centres d’examen, une activation plus rigoureuse du rôle des observateurs, ainsi qu’un renforcement des équipes administratives et pédagogiques chargées de la surveillance.

Le document met l’accent sur l’importance de fournir un cadre de référence clair pour encadrer les interventions des différents acteurs impliqués. L’amélioration de l’organisation des examens dépend, selon le ministère, de la capacité à mobiliser ces équipes dans des conditions optimales, en les libérant de toute pression ou gêne, afin qu’elles puissent accomplir leurs missions avec la neutralité et le professionnalisme requis.

Par La Rédaction
Le 05/04/2026 à 21h01