Justice: des milliers de détenus libérés grâce au nouveau dispositif de réduction automatique des peines

Le ministre de la justice, Abdellatif Ouahbi. 

Le ministre de la justice, Abdellatif Ouahbi.  . DR

Revue de presseEntré en vigueur le 8 janvier 2026, le dispositif de réduction automatique de peine instauré par le nouveau code pénal d’août 2025 est effectif. Selon le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, ce mécanisme a permis une diminution significative de la population carcérale, avec près de 90.000 détenus concernés en à peine un mois et demi, dont près de 9.000 libérations. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 31/03/2026 à 17h56

Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, a souligné les effets bénéfiques du système de réduction automatique de peine instauré par le code pénal promulgué en août 2025. Entré en vigueur le 8 janvier 2026, ce mécanisme a déjà contribué à alléger de manière significative la densité carcérale. Entre la fin janvier et la mi-février, pas moins de 88.000 personnes détenues ont bénéficié d’une réduction automatique de leur peine, soit une proportion significative de l’effectif pénitentiaire recensé sur cette période, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 1er avril. Selon les données officielles, cette mesure a directement permis la libération de 8.947 détenus, participant ainsi à désengorger les établissements pénitentiaires.

La réduction de peine est accordée selon des critères définis en fonction de la durée de la condamnation. Ce dispositif est déployé sous le contrôle d’une commission pluridisciplinaire au sein même de chaque établissement pénitentiaire, réunissant des responsables de l’administration pénitentiaire ainsi que des cadres judiciaires, sociaux et médicaux. Cette instance évalue, à l’issue de chaque période déterminée, si les conditions légales sont réunies.

Afin de préserver les droits des personnes détenues et de garantir l’équité de la procédure, un mécanisme de recours a été instauré. Les détenus n’ayant pas pu bénéficier de la réduction automatique peuvent soumettre leur situation à une commission spécialisée, placée auprès des tribunaux de première instance et présidée par le juge de l’application des peines. Cette commission dispose de la faculté d’accorder des réductions complémentaires aux personnes ayant fait preuve d’une réelle implication dans les programmes de réinsertion —qu’il s’agisse de formation professionnelle, de poursuite d’études ou de soins.

Il convient de rappeler que l’article 632 du nouveau code pénal, ainsi que ses alinéas, figurent parmi les avancées majeures de cette réforme. Il institue un système pérenne de réduction automatique de peine et de libération conditionnelle, distinct des grâces générales ou individuelles. Ce mécanisme repose sur le comportement du détenu, son respect du règlement intérieur ainsi que sur sa réelle disposition à se réinsérer dans la société, indique Al Ahdath Al Maghribia.

Conformément aux dispositions légales, les détenus peuvent prétendre à une réduction de peine après avoir purgé au moins un quart de leur condamnation, sous réserve d’avoir fait preuve d’une conduite exemplaire dans l’établissement pénitentiaire et de la réunion de conditions objectives de réinsertion, telles qu’un logement ou un emploi. Le calcul de la réduction de peine s’établit à quatre jours par mois lorsque la peine est inférieure ou égale à un an, et à trente-trois jours par an au-delà de cette durée.

Par Hassan Benadad
Le 31/03/2026 à 17h56