Les récentes inondations à Safi ont placé la reconnaissance du statut de «zone sinistrée» au cœur du débat public. De nombreux experts se sont exprimés sur l’attribution de ce titre.
Parmi ces voix figure celle du Dr. El Mostafa Rezrazi, spécialiste de la gestion des crises et de la réduction des risques de catastrophes, chercheur au Policy Center for the New South et professeur de gestion des crises à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Ses travaux portent notamment sur la gouvernance des risques, la résilience urbaine et l’évaluation des catastrophes complexes.
Une part importante de son expertise s’est construite à l’international, en particulier au Japon, où il enseigne et mène des recherches au sein de plusieurs universités. Ce pays, référence mondiale en matière de prévention des catastrophes naturelles et de gestion institutionnelle des risques, a profondément influencé son approche, fondée sur la précision conceptuelle, la hiérarchisation des impacts et l’analyse post-crise.
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Dans un entretien accordé à nos confrères d’Al Ittihad, Rezrazi souligne que la prudence dans l’usage du terme «ville sinistrée» ne relève pas d’une minimisation de la gravité des faits. «L’évaluation d’une catastrophe repose sur des systèmes de classification scientifique basés sur des données objectives, et non sur l’émotion ou l’impact symbolique», explique-t-il. Ces systèmes permettent de distinguer entre catastrophes localisées et situations de paralysie urbaine généralisée.
S’agissant de Safi, poursuit-il, malgré le caractère exceptionnel des précipitations et la douleur liée aux pertes humaines, l’impact est resté circonscrit à des quartiers et périmètres précis, sans effondrement global des fonctions urbaines. D’un point de vue scientifique, il s’agit donc d’une catastrophe inondationnelle urbaine localisée de forte intensité, et non d’une catastrophe généralisée justifiant le classement de l’ensemble de la ville comme zone sinistrée, estime Rezrazi.
Cette analyse rejoint par ailleurs le cadre juridique marocain, dans lequel la notion de «zone sinistrée» correspond à un statut légal précis, décidé par voie administrative et limité à un périmètre clairement défini. À ce stade, les autorités ont opté pour une approche ciblée, orientée vers les zones les plus touchées, conformément aux orientations royales.





















