Fumée noire à Kénitra: une ONG décide de porter plainte contre l'ONEE et le département de l'Environnement

A Kénitra, la centrale électrique locale, qui fonctionne au charbon, rejette une poussière noire, source d’inquiétudes pour la santé de la population. . Saïd Bouchrit / Le360 (photomontage)

Le 20/08/2022 à 15h50

VidéoAlors que les habitants de Kénitra pensaient s’être débarrassés de la poussière noire issue de la combustion du charbon par la centrale électrique locale, voilà que le phénomène ressurgit, suite à la reprise des activités de cette unité. La Ligue marocaine pour la citoyenneté et des droits de l’Homme a décidé de porter plainte.

Après plusieurs années d’arrêt, la centrale thermique de Kenitra, qui appartient à l’Office nationale de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), vient de reprendre sa production d’électricité à partir d’une énergie fossile, le charbon. Cette reprise de l’activité vise à compenser l'arrêt de la production électrique des centrales à gaz de Tahaddart et de Ain Beni Mathar, mises à l’arrêt après la fermeture, en novembre 2021, du gazoduc Maghreb-Europe.

Mais cette reprise ne se fait pas sans le rejet d’une poussière noire qui pollue l’atmosphère de la ville, et qui constitue une source d’inquiétude auprès de la population locale. Pour pousser les parties concernées à mettre définitivement un terme à cette source de dégradation de la qualité de l’air, la Ligue marocaine pour la citoyenneté et des droits de l’Homme (LMCDH) a décidé de porter plainte contre l’ONEE et le département de l’Environnement, auprès du procureur du roi près la chambre criminelle de la cour d’appel de Kénitra. 

Dans un communiqué, cette ONG déclare avoir été la destinataire de plusieurs plaintes de citoyens, inquiets pour leur santé.

Lors d’une visite aux alentours de la centrale à charbon de Kénitra, il a été constaté que les fourneaux dégageaient bel et bien une fumée suspecte. Les odeurs désagréables de cette fumée sont perceptibles, même de loin. Des témoignages de citoyens recueillis sur place dénoncent ces désagréments et évoquent des «émissions toxiques», appelant les autorités à agir pour préserver la santé des personnes.

«Nous sentons ces mauvaises odeurs et inhalons cette fumée dont les poussières arrivent jusqu’à nos fenêtres et terrasses des maisons», témoigne Yassine, un habitant de Kénitra. La LMCDH est allée jusqu’à remettre en cause un «rapport officiel» selon lequel cette poussière dans le ciel de Kénitra serait due à une augmentation de la température en été. Enfin, l’ONG a indiqué compter organiser prochainement un sit-in de protestation si la situation en venait à perdurer.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Brahim Moussaaid
Le 20/08/2022 à 15h50