Évaluation de la réforme de l’éducation: nécessité d’accorder aux superviseurs pédagogiques l’indépendance fonctionnelle?

Mohamed Saad Berrada, ministre de l'Education nationale.

Mohamed Saad Berrada, ministre de l'Education nationale.

Revue de presseUne récente opération d’évaluation des écoles d’excellence a mis à nu de graves dysfonctionnements entachant les différents projets éducatifs, administratifs et financiers initiés par le ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement préscolaire et des sports. En cause, l’absence d’indépendance fonctionnelle en faveur des superviseurs pédagogiques, nécessaire pour remplir efficacement leur mission d’évaluation concrète des projets éducatifs. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 13/01/2026 à 20h01

Tous les gouvernements qui se sont succédé durant ces deux dernières décennies ont échoué en matière d’évaluation des projets afférents à la réforme de l’éducation. Selon le quotidien arabophone Al Akhbar, qui soulève cette problématique dans sa livraison du mercredi 14 janvier, «cet échec réside dans la mauvaise détermination de l’institution la plus habilitée à mener cette mission d’évaluation». Les spécialistes et experts pédagogiques sont unanimes à pointer du doigt cette anomalie, alors qu’au sein même du ministère de tutelle, les avis divergent pour déterminer qui doit évaluer quoi.

Jusqu’ici, le ministère de l’Éducation nationale a toujours privilégié de confier la mission d’évaluation de la majorité de ses projets à des opérateurs externes, à savoir des organismes privés ou des bureaux d’études. C’est ce qui s’est passé avec le Programme d’urgence et qui continue actuellement avec les écoles d’excellence.

Or, d’aucuns estiment que ce sont les superviseurs pédagogiques qui sont les mieux placés pour mener la mission d’évaluation des projets de réforme initiés par la tutelle. Et c’est une lapalissade que de dire que cette mission est leur principale raison d’être, à condition que l’Inspection générale du ministère se voie attribuer, en vertu d’un texte clair, une indépendance fonctionnelle, non seulement par rapport au ministre ou à son secrétaire général, mais aussi vis-à-vis des directeurs des inspections provinciales et régionales de l’éducation, ainsi que par rapport aux directeurs des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF). Cette indépendance fonctionnelle des superviseurs pédagogiques, mais aussi administratifs et financiers, est d’autant plus cruciale qu’ils sont chargés d’évaluer des projets dont la responsabilité incombe à leurs supérieurs hiérarchiques. Cela peut sembler contradictoire, sauf qu’il ne s’agit que d’une attribution pleine et légitime de compétences au service de l’efficacité.

C’est en ce sens que l’Inspection générale du ministère de l’Éducation nationale n’a cessé d’exiger une indépendance fonctionnelle afin de mener avec efficacité des évaluations internes, scientifiques et transparentes des réalisations. D’ailleurs, la Charte nationale d’éducation et de formation de 1999 énonce clairement que toute évaluation efficace des projets éducatifs est intimement liée à l’indépendance fonctionnelle de l’Inspection générale du ministère de l’Éducation nationale.

L’article 135 de cette charte, dans son alinéa b, met un accent particulier sur le corps des superviseurs pédagogiques, en appelant à organiser «leur travail de manière souple, garantissant l’autonomie nécessaire à l’exercice d’une évaluation diligente et efficace, et en instaurant une répartition des tâches et des attributions sur des bases transparentes».

Par La Rédaction
Le 13/01/2026 à 20h01