Le parlementaire socialiste Mehdi El Alaoui, ancien président de la commune de Malab, dans la province d’Errachidia, a comparu devant la Chambre criminelle spécialisée dans les crimes financiers près la Cour d’appel de Fès. Le député est poursuivi, aux côtés d’autres prévenus —parmi lesquels figurent des fonctionnaires et des entrepreneurs– pour des irrégularités administratives et financières dans la gestion de cette commune.
Les chefs d’inculpation retenus par le juge d’instruction s’appuient sur un rapport d’audit réalisé par l’Inspection générale de l’administration territoriale au titre des années 2017, 2018 et 2019, relaie Al Akhbar de ce mardi 31 mars. L’enquête préliminaire a établi qu’en sa qualité de président de la commune, Mehdi El Alaoui s’était rendu coupable de détournement et de dilapidation de deniers publics, de falsification de documents officiels, de trafic d’influence ainsi que d’atteinte à la liberté de concurrence.
Le député aurait supervisé, au cours de cette même période, une opération d’acquisition de cargaisons de ciment et d’autres matériaux de construction avec des bons de commande ne précisant pas l’objet de leur utilisation. Selon un fonctionnaire suivant ce dossier, au cours de cette phase d’approvisionnement en ciment par la commune, l’élu se faisait simultanément construire une habitation dans cette commune qu’il dirigeait. Il est soupçonné d’avoir utilisé ce ciment pour effectuer des travaux de sa propriété, en plus d’avoir engagé des dépenses irrégulières via des bons de commande sans que la collectivité locale n’aie reçu les livraisons correspondantes.
L’enquête a également révélé que le mis en cause avait délivré 18 permis de construire sans que n’y figure l’avis de conformité visé par l’agence urbaine, de même que 43 permis d’édification de murs sans l’approbation de la commission technique d’urbanisme, ainsi que 68 autorisations de restauration dépourvues de toute mention des travaux autorisés. L’absence de constats préalables et postérieurs relatifs aux biens immobiliers concernés a également été relevée.
Selon le rapport de l’inspection du ministère de l’Intérieur, 325 permis de construire et 34 certificats de conformité sans vérification préalable du caractère autorisé des constructions ont été délivrés. L’ancien président aurait également signé, en son propre nom, un permis de construire portant sur un sous-sol édifié sans autorisation dans un immeuble de deux étages appartenant à une personne proche, indique Al Akhbar.
Enfin, l’enquête a permis de révéler que le mis en cause avait versé des salaires à des travailleurs occasionnels, dont des présidents d’associations, et pour d’autres, qui n’avaient accompli aucune prestation pour le compte de la commune. En réalité, certains d’entre eux avaient effectué des travaux dont cet ancien président de la commune a bénéficié à titre personnel.




