Covid-19 au Maroc: «la troisième dose peut désormais être administrée cinq mois après la seconde», selon Tayeb Hamdi

Un agent de santé marocain administre une dose du vaccin Pfizer-BioNTech contre le Covid-19 dans un centre de vaccination, dans la ville de Salé, le 5 octobre 2021. . FADEL SENNA / AFP

Devant l’émergence d’Omicron, nouveau variant plus transmissible que Delta, il est indispensable de compléter son schéma vaccinal par une troisième dose de rappel. La nouveauté est que celle-ci, la dose «booster», peut être désormais administrée 5 mois après la seconde. Explications.

Le 13/12/2021 à 13h02

Contacté par Le360, Tayeb Hamdi, médecin, chercheur en politiques et système de santé, président du Syndicat national de médecine générale, et vice-président de la Fédération nationale de la santé, explique l’importance de l’administration de cette troisième injection anti-Covid.

Le nouveau variant, Omicron, semble comme prévu, déjouer et réduire l’immunité acquise par la vaccination ou par la maladie. Sur la base des résultats d’une étude, les personnes ayant contracté le Covid-19, présentent un risque trois fois plus élevé d’être réinfecté par Omicron par rapport aux variants précédents, dont le variant Delta.

Or, la solution pour contrer une flambée des cas Covid-19, et d’éventuelles infections par Delta et Omicron principalement, est de compléter son schéma vaccinal à trois doses, tout en observant un respect rigoureux des gestes barrières.

Pour le Dr Hamdi, la troisième dose est une nécessité absolue pour tous les adultes de 18 ans et plus. Il faut en effet, selon ce médecin, «ouvrir le système, dès aujourd’hui, pour tous ceux qui veulent se booster dès cinq mois après la deuxième dose me semble une urgence et n’a pas besoin d’autres études pour démontrer son utilité, sinon sa nécessité. Cette décision a été prise en tenant compte de nouvelles études sur cette 3ème dose booster». 

De ce fait, les vaccinés à trois doses seraient bien armés contre ce nouveau variant, car «le sérum des personnes doublement vaccinées et ayant déjà été infectées auparavant, fait remonter ce pouvoir de 35 fois, ce qui laisse comprendre que trois doses garderaient un niveau de protection contre Omicron, comparable à deux doses contre la souche classique», explique cet interlocuteur.

Cette dose, dite de «booster», agit en 48 heures, et permet de réduire de manière considérable le risque de décès par rapport aux deux doses précédemment administrées. L’objectif étant de ralentir le niveau de transmission, et casser en quelque sorte la vague.

En ce qui concerne les personnes ayant effectué une seule et unique dose du vaccin Johnson & Johnson, ces dernières sont également amenées à recevoir, dès le 1er décembre, une seconde dose, également un «booster», 5 mois après leur dose unique, d’un vaccin différent. «Le mixage des vaccins, donne généralement, plus de résultats, et est plus efficace, qu’avoir les doses du même type de vaccin», précise à cet égard le Dr. Hamdi.

«L’accélération de la vaccination sur la base d’un régime de trois doses nous permettra de faire face à Delta, à Omicron et d’accélérer le retour à la vie normale. Les mesures prises par l’Etat sont nécessaires, mais doivent être obligatoirement complétées par une action citoyenne en adoptant tous, le plus rapidement possible une vaccination complète à trois doses et un respect rigoureux des mesures barrières», explique le Dr Hamdi.

Selon le ministère de la Santé et de la Protection sociale, le nombre de primo-vaccinés a atteint 24.464.011 personnes, celui des personnes ayant reçu deux doses s’élève à 22.774.883 personnes, alors que 1.979.811 personnes ont reçu trois doses d'un vaccin au Maroc. 

Par Yousra Adli
Le 13/12/2021 à 13h02