Casablanca: des morts suspectes submergent le dépôt mortuaire d’Errahma

Une vingtaine de décès suspects ont été transférés au dépôt mortuaire d’Errahma, saturant les équipes médicales et retardant la remise des corps aux familles. . DR

Revue de presseUne vingtaine de décès suspects ont été transférés au dépôt mortuaire d’Errahma, saturant les équipes médicales et retardant la remise des corps aux familles. La mairie de Casablanca impose désormais une coordination stricte pour limiter les autopsies systématiques et encadrer les enquêtes sur les morts suspectes. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 11/01/2026 à 20h17

Le nombre de décès signalés comme suspects et transférés par les médecins des services d’hygiène des arrondissements de Casablanca vers le dépôt mortuaire d’Errahma a atteint vingt cas, pour lesquels des rapports finaux ont été établis. En moyenne, un cas est traité chaque jour, chaque autopsie nécessitant plus de deux heures de travail.

«Les salles du dépôt mortuaire connaissent une affluence permanente, de jour comme de nuit. Les équipes médicales y travaillent dans des conditions particulièrement difficiles afin de prendre en charge l’ensemble des décès qui leur sont adressés», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 12 janvier. La majorité de ces cas relèvent pourtant de morts naturelles. Les familles et les proches ne peuvent récupérer les dépouilles qu’après avoir obtenu l’autorisation du procureur du Roi près le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ, et après l’accomplissement de plusieurs procédures administratives connexes.

La maire de Casablanca ainsi que l’adjointe déléguée à la santé publique ont reçu une avalanche de courriers émanant d’élus, de présidents d’arrondissements et de citoyens, tous exprimant leur inquiétude face aux transferts directs des décès vers le dépôt mortuaire. «Ces envois seraient souvent motivés par la crainte, chez certains médecins et techniciens, d’engager leur responsabilité», note Assabah.

Citée par le quotidien, Nafissa Ramhane, adjointe au maire chargée de la santé, souligne que la situation est devenue intenable. Elle affirme qu’une intervention a été engagée pour corriger ces pratiques, en coordination avec les présidents d’arrondissements, les cadres médicaux et les différents acteurs concernés, afin de mieux maîtriser le recours systématique à l’autopsie en cas de simple doute sur la cause du décès.

Nafissa Ramhane a cité plusieurs exemples illustrant ce dysfonctionnement, notamment le cas d’un homme né en 1923, transféré depuis un arrondissement pour suspicion de décès, ainsi que celui d’un autre centenaire pour lequel une autopsie avait été demandée afin de confirmer la mort. Elle a précisé que ces situations concernent l’ensemble des arrondissements sans exception, et que certains cas proviennent même de communes limitrophes comme Mohammedia, Benslimane, Nouaceur, Mediouna et Berrechid, ce qui alourdit encore la pression sur le dépôt mortuaire, déjà confronté à un manque de ressources humaines.

«Face à cette situation, la maire de Casablanca a adressé une correspondance à tous les présidents d’arrondissements, les appelant à mieux coordonner avec leurs services afin de limiter l’orientation systématique des décès vers la médecine légale», écrit Assabah. Une pratique qui aggrave non seulement la charge de travail des équipes médicales, mais aussi la souffrance des familles, contraintes d’attendre plus de vingt-quatre heures supplémentaires pour obtenir l’autorisation d’inhumer leurs proches.

Désormais, aucune dépouille ne pourra être envoyée au dépôt mortuaire sans concertation préalable et sans l’accord des médecins légistes d’Errahma. Sur le plan juridique, Nafissa Ramhane a assuré que cette coordination peut se faire par différents moyens, notamment via des appels en visioconférence pour examiner un cas précis, par la transmission d’un rapport oral par téléphone, ou encore en attendant le déplacement d’un médecin du dépôt mortuaire pour procéder à une constatation sur place.

Elle a souligné que toutes les facilités nécessaires ont été mises à la disposition des cadres médicaux pour simplifier ces démarches et réduire le recours excessif aux autopsies, souvent éprouvantes aussi bien pour les médecins que pour les familles, et qui aboutissent, dans la majorité des cas, à la confirmation d’un décès naturel.

Enfin, Nafissa Ramhane a insisté sur le fait que ce problème ne concerne pas un arrondissement en particulier, contrairement à ce que laissent entendre certains commentaires. Elle a appelé l’ensemble des parties à assumer leurs responsabilités et a estimé que la commune doit redoubler d’efforts, notamment en matière de formation des médecins des arrondissements, afin de les tenir informés des dernières évolutions en médecine légale.

Par La Rédaction
Le 11/01/2026 à 20h17