Allo Docteur! (EP11). Compléments alimentaires pendant le Ramadan: miracle ou mirage marketing?

Le docteur Karim Ouali, spécialiste en micronutrition et en médecine intégrative. (K.Sabbar/Le360)

Le 09/03/2026 à 15h56

VidéoLes compléments alimentaires sont-ils vraiment le remède miracle contre le coup de fatigue de la mi-Ramadan ou ne sont-ils qu’un simple mirage marketing? Si l’idée de la gélule salvatrice séduit de nombreux jeûneurs, la réalité biologique appelle à une approche beaucoup plus rigoureuse. Dans ce nouvel épisode d’« Allo Docteur ! », le Dr Karim Ouali, analyse les causes de cet épuisement saisonnier et nous livre les clés pour une supplémentation réellement efficace.

Le Ramadan réduit la fenêtre alimentaire à quelques heures, un changement de rythme brutal qui impacte directement les réserves de l’organisme. Entre la rupture du jeûne et le dernier repas de la nuit, le corps subit une pression métabolique intense. «Une étude clinique a démontré que la quasi-totalité des gens finissent le Ramadan avec une baisse de vitamines et de sels minéraux après trois semaines de jeûne», explique le Dr Karim Ouali, spécialiste en micronutrition et en médecine intégrative.

Ce déficit s’explique par le passage à un rythme d’un repas et demi par nuit, souvent trop riche en sucres et en farines blanches, mais désespérément pauvre en nutriments essentiels.

Face à cette chute des stocks biologiques, la supplémentation peut s’avérer utile, mais elle ne doit pas être un acte désordonné. Pour l’expert, la hiérarchie des priorités reste claire. «Le complément alimentaire est important durant le Ramadan, mais il doit suivre des règles car il vient compléter une alimentation équilibrée», souligne-t-il, rappelant que le sommeil et la qualité de l’assiette constituent le socle indispensable avant toute gélule.

L’erreur la plus fréquente reste l’automédication aveugle. La prise de vitamines doit répondre à une carence précise pour ne pas être inutile, voire contre-productive. «On ne remplace que ce qui manque réellement. Il est inutile de prendre n’importe quoi au petit bonheur la chance: si le fer fait défaut, on le complète; si le taux de magnésium ou de vitamine D est bas, on le restaure, chaque supplémentation doit répondre à une carence précise et identifiée», martèle le spécialiste.

Pour ceux qui ne souffrent d’aucun manque mais souhaitent agir en prévention, seul un complexe multivitaminé parfaitement dosé et équilibré est préconisé.

Au-delà du dosage, c’est la provenance du produit qui garantit son efficacité. Dans un marché saturé, tous les laboratoires ne se valent pas en termes de recherche et de biodisponibilité. «La qualité du complément alimentaire est très importante. Il faut toujours se diriger vers un laboratoire qui possède une expertise reconnue», insiste notre interlocuteur. Certains laboratoires se distinguent par leurs investissements massifs dans le développement scientifique, garantissant que les nutriments soient réellement assimilés par l’organisme.

Si les compléments alimentaires sont des alliés précieux pour traverser le mois sacré en pleine forme, ils ne doivent jamais court-circuiter le diagnostic d’un professionnel. La sécurité et l’efficacité pour le jeûneur passent par une consultation préalable. «L’avis du spécialiste, pharmacien ou médecin, est primordial pour vous conseiller», conclut l’expert.

Par Hafida Ouajmane et Khadija Sabbar
Le 09/03/2026 à 15h56