Agadir: colère des habitants de Taddart, à cause de nuisances dues à l’exploitation de carrières

Une carrière de sable, en exploitation au Maroc. 

Extraction de sable par une tractopelle dans une carrière au Maroc.  . Véronique de Viguerie / GEO

Revue de presseLa poursuite de l’exploitation de carrières d’extraction de matériaux de construction dans le quartier Taddart, à Agadir, est à l’origine d’une vive contestation des riverains. Nuisances environnementales, dégradation des routes et multiplication des accidents de circulation… Les habitants, de même que plusieurs élus locaux, veulent une intervention urgente des autorités pour transférer ces activités loin des zones habitées. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 10/02/2026 à 19h17

À Agadir, la colère des habitants du quartier Taddart est vive, à cause des nuisances qu’ils subissent du fait de l’exploitation de carrières d’extraction de matériaux de construction: la présence constante d’engins lourds et de camions à l’important tonnage qui fréquentent les lieux, perturbent considérablement la fluidité de la circulation, écrit Al Akhbar de ce mercredi 11 février. Les quartiers de Taddart et d’Anza Supérieur, densément peuplés, sont cernés de ces gisements, à proximité des premières montagnes de l’Anti-Atlas.

De vastes espaces sont progressivement devenus des sites d’extraction de sable et de pierres, des matériaux largement utilisés dans les travaux de BTP de la région -dont le programme de développement urbain d’Agadir, et plusieurs projets immobiliers privés. Le long des deux principales routes menant vers Taddart et Anza Supérieur, en provenance d’Anza ou depuis le rond-point de la nouvelle station de taxis près de l’entrée d’Agadir Oufella, de nombreux poids-lourds sont régulièrement stationnés, indique Al Akhbar. Certains transportent des matériaux de construction vers le centre d’Agadir, et d’autres, chargés de gravats et de déchets des chantiers à déverser près du quartier Taddart, circulent en sens inverse.

La poursuite de l’exploitation des carrières a eu de graves conséquences sur la santé des habitants, dont la qualité de vie se retrouve altérée: ils ont à subir une propagation continue de poussière, provoquée par les extractions, et le fonctionnement incessant des machines de concassage de pierres et de prélèvement du sable. Les répercussions environnementales de cette activité sont également préoccupantes: en plusieurs endroits, de profondes excavation sont sources de dangerosités pour la sécurité physique des habitants.

La circulation des camions et des engins industriels sur les deux axes routiers menant au quartier «constitue également une source majeure de désordre routier», écrit Al Akhbar, selon lequel «le passage fréquent de ces véhicules, en raison de leur poids particulièrement élevé, a contribué à la détérioration avancée des routes menant à Taddart». En plus des dommages causés à l’infrastructure routière, leur présence en nombre est régulièrement associée à des accidents de la circulation. Ce sont ainsi plusieurs accidents graves, parfois mortels, qui ont été enregistrés sur la route reliant Taddart à Anza, au point que cet axe est désormais surnommé, par les usagers habituels, «la route de la mort».

Les résidents en appellent donc à une intervention urgente du wali de la région, ainsi que des autorités, afin de mettre fin à cette situation. Comme plusieurs membres du conseil communal d’Agadir réunis au cours de ce mois de février, les habitants veulent que l’exploitation de ces carrières soit transférée vers des zones éloignées des habitations, «le maintien de carrières au cœur de zones urbaines ne se justifiant plus», de l’avis des élus de la région.

Selon les dispositions de la législation en la matière, prévues dans l’article 26 de la loi n° 27.13, «l’administration peut décider de la fermeture d’une carrière lorsqu’elle constate la persistance de risques et de nuisances liés à son exploitation», et son article 24 précise que «ces risques peuvent concerner la sécurité des travailleurs, la santé et la sécurité des riverains, la protection de l’environnement, ainsi que la sécurité publique en général».

Par La Rédaction
Le 10/02/2026 à 19h17