8 mars: les militantes de Jossour appellent à accélérer l’égalité des droits des femmes au Maroc

Soumia Moncef Hajji (à gauche), membre du Bureau exécutif de l’association Jossour et Oumayma Achour, professeure universitaire à la Faculté de droit d’Agdal et membre de la même association. (Y.Mannan/Le360)

Le 09/03/2026 à 21h48

VidéoÀ l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des militantes de l’ONG Jossour ont plaidé pour un renforcement des droits et plus de participation des femmes dans la société marocaine. Si elles saluent certaines avancées juridiques et institutionnelles, elles estiment que de nombreux défis persistent, notamment en matière d’employabilité, de parité politique et d’autonomisation économique.

Des militantes de l’association Jossour espèrent obtenir davantage de droits pour les femmes au Maroc tout en soulignant, à l’occasion de la journée du 8 mars, que des réalisations positives en leur faveur ont été obtenues dans les domaines juridique, social et économique.

Dans une déclaration pour Le360, Oumayma Achour, professeure à la Faculté de droit et d’économie de Rabat-Agdal, souhaite que la parité et l’égalité hommes-femmes soient atteintes dans les prochaines années. Cette militante de l’ONG Jossour a toutefois regretté que le taux d’employabilité des femmes ne dépasse pas 19%, dans un environnement encore défavorable à leur autonomisation.

Sa collègue Soumia Moncef Hajji, également membre du bureau exécutif de Jossour, estime pour sa part que l’émancipation des droits des femmes a encore beaucoup de chemin à parcourir, même si elle reconnaît que les acquis obtenus ces dernières années constituent une avancée.

«Je regrette que peu de choses aient été réalisées pour la femme depuis 2025», a affirmé Soumia Moncef Hajji, qualifiant de limitée la nouvelle représentation féminine, fixée à 30% dans les conseils régionaux et au sein de la Chambre des représentants.

Oumayma Achour a cependant nuancé ce constat en soulignant que les droits des femmes devraient connaître de nouvelles améliorations, notamment avec la réforme attendue du Code de la famille ainsi qu’avec les évolutions prévues du Code de procédure civile et du Code pénal.

Pour rappel, le 8 mars correspond à la Journée internationale des droits des femmes, une journée de mobilisation mondiale pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Officialisée par l’ONU en 1977, elle vise à dénoncer les discriminations et les violences, tout en promouvant les droits des femmes dans différents domaines, notamment le travail, la participation politique et la sécurité.

Il convient également de rappeler que cette date ne constitue pas une «fête de la femme». Il ne s’agit pas d’une célébration commerciale, mais bien d’une journée de lutte et de réflexion sur les inégalités persistantes. Elle trouve ses racines dans les mouvements ouvriers du début du 20ème siècle en Europe et aux États-Unis, lorsque des femmes se mobilisaient pour réclamer de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

Cette journée est ainsi l’occasion de dresser un bilan des avancées, de saluer la détermination et le courage des femmes, mais aussi de rappeler les défis encore à relever. Aujourd’hui, la femme marocaine continue de lutter contre les violences, pour l’égalité professionnelle, pour la parité politique et pour le respect plein et entier de ses droits fondamentaux.

Entre acquis juridiques et revendications persistantes, la Journée internationale des droits des femmes rappelle ainsi que la progression vers une égalité réelle demeure un chantier ouvert. Pour les militantes associatives comme celles de Jossour, le 8 mars reste avant tout un moment de mobilisation pour accélérer les réformes et transformer les avancées formelles en progrès concrets dans la vie quotidienne des Marocaines.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 09/03/2026 à 21h48