Une rentrée politique sous haute tension

L'hémicycle du Parlement.  . DR

Revue de presseKiosque360. Les partis politiques de la majorité et de l’opposition s’agitent à la veille de la rentrée politique. Ainsi, certains ont réuni leur instance exécutive, tandis que d’autres ont convoqué leur «parlement» pour prendre les décisions qui s’imposent. Éclairage.

Le 03/09/2018 à 18h46

La rentrée politique 2018-2019 s’annonce chaude. Elle intervient, en effet, après deux discours du roi dans lesquels des cadrages ont été faits, des orientations ont été données et une feuille de route a été tracée. Cette rentrée intervient également après un conseil des ministres, présidé par le roi, qui a validé des projets de loi, des décisions, des nominations et des suspensions. A ce propos, le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, qui se penche sur ce sujet dans son édition de ce mardi 4 septembre, affirme que cette «rentrée politique sera sous haute tension». Et pour l’affronter, les partis politiques de la majorité, comme ceux de l’opposition, s’agitent et réunissent leur état-major et leur «parlement» en vue de débattre de la situation politique générale, des événements qui l’ont ponctuée et prendre les décisions qui s’imposent.

A ce propos, le quotidien rappelle la décision prise par la dernière réunion du bureau politique du parti du Progrès et du socialisme (PPS), appelant à une session extraordinaire de son comité central le 22 septembre. Lors de cette session du «parlement» des anciens communistes, il sera question de la suppression du secrétariat d’Etat chargé de l’Eau et du «limogeage» de Charafat Afailal, membre du bureau politique. Cette affaire, rappelle le quotidien, avait fait l’objet d’un communiqué du bureau politique du parti du Livre, appelant le chef du gouvernement à fournir des explications convaincantes au sujet de cette «liquidation» dont il n'avait pas informé le PPS.Cette session, qui sera donc décisive pour le parti du Livre et son avenir au sein du gouvernement, se tiendra une semaine après celle de son allié stratégique, le parti de la Justice et du développement (PJD), particulièrement concerné par la manière dont Charafat Afailal a été évincée du gouvernement.

Toutefois, précise le quotidien, la session extraordinaire du conseil national du PJD a été programmée bien avant l’éclatement de cette affaire. Dans une déclaration au quotidien, Souleimane El Amrani, secrétaire général adjoint du PJD, a révélé que cette décision de réunir le «parlement» du parti avait été prise par le secrétariat général de la Lampe le 23 juillet dernier, pour évaluer le rendement politique du parti, l’action de son groupe parlementaire et débattre du rapport que présentera le secrétaire général du parti, Saâd-Eddine El Othmani, sur la situation générale dans le pays et sur la rentrée politique. Autant dire que l’affaire de la suppression du secrétariat d’Etat chargé de l’Eau, qui a provoqué l’alerte au PPS et fragilisé l’alliance de la Lampe avec le Livre, ne sont pas inscrits comme points principaux au menu de la session extraordinaire du «parlement» du PJD. En tout cas, les projecteurs resteront braqués sur les deux sessions et l’influence qu’aura la première sur la seconde.

Pour le Rassemblement national des indépendants (RNI), le ton a été donné lors de la dernière réunion du bureau politique de la Colombe, la rentrée ayant été entamée par la poursuite des chantiers régionaux avec une rencontre dans la ville de Dakhla. Cette rencontre, souligne le quotidien, a permis aux membres de la direction du parti de renouer le contact avec les élites politiques locales, le tissu associatif dans la région, les jeunes et les femmes. Cette rentrée s’annonce également chaude pour l’Union socialiste des forces populaires (USFP) qui a tenu, ce lundi, une réunion de son bureau politique et se prépare à réunir son conseil national. La réforme des retraites et les différends entre le premier secrétaire de la Rose et le président de son groupe parlementaire planeront sur cette rencontre.

Pour le Mouvement populaire (MP), poursuit le quotidien, la rentrée sera particulièrement marquée par le bras de fer opposant Mohamed Ouzzine et le ministre de l’Education nationale, Said Amzazi, après les dernières déclarations d’Ouzzine. Cette affaire intervient au moment où le parti prépare son prochain congrès et où plusieurs voix appellent à baliser la voie devant les jeunes et les compétences pour accéder aux postes de responsabilités au sein du parti de l’Epi. C’est ainsi que chaque formation politique s’apprête à affronter la rentrée politique.

Par Mohamed Younsi
Le 03/09/2018 à 18h46