Sahara: comment le président mauritanien fait chanter le Maroc

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Le président de la République de Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz, a reçu en audience, hier jeudi à Nouakchott, le coordinateur du Polisario avec la MINURSO M’Hamed Khaddad, qui lui a remis un «message» du président de la «RASD» Brahim Ghali. Décryptage.

Le 12/08/2016 à 14h13

Le président de la République de Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz, «a reçu un message de son frère le président Brahim Ghali, relatif aux derniers développements de la question du Sahara occidental et aux efforts des Nations Unies pour lui trouver une solution», annonce l’agence de presse mauritanienne (AMI).

Le «message», reçu par le président mauritanien de la part du tout nouveau président de la «RASD», aurait pu passer comme une lettre à la poste. Or, il a tout l’air d’être dirigé contre le Maroc. Et il n'est qu'à méditer sur son timing et l’intérêt qui lui a été porté par l’agence officielle du régime mauritanien pour se rendre à l'évidence. 

Décryptons! La Mauritanie de Mohamed Ould Abdelaziz a tout réglé, in situ, et veut maintenant se donner un rôle régional ! Les quelque dirigeants arabes qui ont daigné faire le déplacement à Nouakchott le 25 juillet dernier ont en effet apprécié le niveau de développement élevé qui aurait été atteint par la Mauritanie sous le général Mohamed Ould Abdelaziz. «Un pays qui pue le sous-développement», comme en a témoigné la délégation libanaise lors du 27ème Sommet arabe, ou ce qu’il en a eu l’air. «Un havre d’(in)sécurité où il ne fait bon se hasarder» et il n’est qu’à se demander pourquoi le président égyptien Abdelfettah al-Sissi, entre autres chefs d'Etat arabes, a boudé ledit Sommet pour s’apercevoir du gâchis !

Voyez, on pourrait allonger davantage le cortège des «bienfaits» dont jouit ce pays frère grâce à Mohamed Ould Abdelaziz mais abrégeon! Son excellence monsieur le président semble ne pas trouver mieux à faire en dehors de la provocation anti-marocaine devenue curieusement son sport favori ! Depuis le décès du chef du Polisario, le 31 mai dernier, son excellence ne s’occupe plus que du dossier saharien au règlement duquel il veut contribuer en s’alignant totalement sur la thèse du front séparatiste, pour ne pas parler de la ligne de conduite qui lui est dictée par Alger!

Grand bien ou grand mal lui en fasse !

Mais quelle mouche aurait bien piqué son excellence pour mettre les pieds dans le plat saharien ? L’interférence de "Aziz" dans le dossier saharien pue un crasse chantage à l’encontre du Maroc. Il veut à tout prix rempiler pour un troisième mandat en tant que «président». Des bruits de couloir annoncent même son intention de réformer la Constitution pour s’assurer une longévité à la tête du pouvoir, qu’il a pris par la force la première fois en 2005 quand il a renversé le président Maaouiya Oudl Sidi Tayea et la deuxième fois en 2008 quand il a mené un putsch contre le président mauritanien élu démocratiquement, Sidi Mohamed Ould Cheïkh Abdallahi.

Seulement voilà! Ce troisième «putsch» annoncé contre la légitimité démocratique a contre lui la volonté du peuple mauritanien frère et, du coup, l’opposition de Rabat qui ne peut évidemment cautionner les visées dictatoriales du général.

L’agitation de monsieur Ould Abdelaziz relève plus d’une ambition personnelle que de la volonté d’un peuple mauritanien lié au Maroc par des liens de sang et par une forte communauté d’histoire et d’avenir. Le chantage auquel le "président-putschiste" se livre à l'encontre du Maroc ne lui sera d'aucun secours, pas plus d'ailleurs que ce "pacte" qu'il a conclu avec le diable séparatiste. Et encore moins ce bilan désastreux de ses deux précédents mandats qui n'ont apporté que davantage de misère au peuple mauritanien frère!

Par Ziad Alami
Le 12/08/2016 à 14h13