Quand l'examen du PLF 2021 vire à la cacophonie

Mohamed Benchaaboun, ministre de l'Economie et des finances. . DR

Revue de presseKiosque360. Les membres de la Commission des finances, qui devaient examiner lundi le projet de loi de finances, ont dérapé pour verser dans la politique politicienne. Le PJD a défendu sa position sur le quotient électoral et l’opposition a dressé le bilan négatif de l’Exécutif.

Le 27/10/2020 à 19h30

La Commission des finances et du développement économique s’est réunie, lundi 26 octobre, pour examiner le projet de loi de finances 2021 (PLF) en présence du ministre, Mohamed Benchaâboun. Mais, lors de cette séance, les parlementaires se sont complétement détournés du sujet principal pour discuter, dans une ambiance électrique, de sujets politiques. Le quotidien Al Ahdath AL Maghribia rapporte, dans son édition du mercredi 28 octobre, que le PJD a profité de la discussion sur le PLF pour défendre sa position sur le quotient électoral. Lors d’une intervention qui a duré près d’une heure, le président du groupe du PJD à la Chambre des représentants, Mustapha Ibrahimi, a indiqué que l’objectif de cette proposition visait à affaiblir son parti. Le dirigeant islamiste a renouvelé le refus catégorique de son parti d’adopter le quotient électoral sur la base du nombre des électeurs inscrits au lieu de celui des voix exprimées valides. 

Ce choix, dit-il, va transformer l’opération électorale en une distribution, à part égale, des sièges entre les partis, transgressant ainsi les principes même des élections et de la démocratie. Ce qui est étonnant, poursuit Ibrahimi, c’est que les partis qui militent pour le changement de ce paramètre ne l’ont pas mentionné dans leurs mémorandums. Pour sa part, le président du groupe parlementaire du PAM, Rachid Abdi, a vivement critiqué la majorité gouvernementale qui, poursuit-il, priorise ses intérêts politiques en ces temps difficiles de crise épidémiologique. Pour preuve, ajoute-t-il, durant ces dernières semaines, la majorité ne parle que de la réforme des lois électorales au moment où la population vit une situation sociale et économique des plus précaires.

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte que Hicham Abdi s’est dit consterné par cette focalisation sur ce sujet, sachant que le pays est confronté à des dossiers épineux tels que les derniers développements dans le Sahara marocain, la confusion grave que connaît le secteur de l’enseignement, le chômage, la sècheresse et le surendettement. Le député du PAM a, par la suite, dressé le bilan des deux mandats du gouvernement actuel en affirmant que les promesses électorales se sont évaporées quand le coronavirus a mis à nu les tares et les avatars du gouvernement. Cette pandémie, poursuit le député du PAM, a notamment révélé que les deux tiers des Marocains travaillent dans l’économie informelle et que les hôpitaux n’ont pas résisté à la première vague des malades contaminés au Covid-19. 

Le député de la Fédération de la gauche démocratique, Omar Balafrej, avait, par ailleurs, accusé le gouvernement de désinformation et de manque de transparence. Le chef de l’Exécutif, Saâd-Eddine El Othmani, souligne-t-il, avait déclaré, lors de la séance des questions orales, que le gouvernement avait alloué un budget de 86 milliards de dirhams au secteur de l’enseignement. Or, le projet de loi n’a retenu que 72 milliards de dirhams. Le député de la FGD a aussi accusé le ministre de l’Education nationale de surenchère et lui a reproché d’avoir renoncé aux promesses qu’il avait faites devant le Parlement. En effet, Saïd Amzazi avait promis de réserver 3 milliards de dirhams à l’acquisition des tablettes en faveur des apprenants marocains. Mais, encore une fois, le PLF ne fait référence à aucun article relatif à cet achat, conclut Omar Balafrej.

Par Hassan Benadad
Le 27/10/2020 à 19h30