Mohamed Moubdiî en larmes face au tribunal

Mohamed Moubdiî.

Revue de pressePoursuivi pour détournement et dilapidation de fonds publics, l’ancien président de la commune de Fqih Ben Salah a craqué devant la Chambre des crimes financiers à Casablanca. Niant tout lien avec le projet «Kremlin» démoli par le ministère de l’Intérieur, il affirme être victime de fausses accusations, tandis que la partie civile réclame plus d’un milliard de dirhams pour les préjudices causés à la collectivité. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 23/11/2025 à 19h58

Mohamed Moubdiî, ancien président de la commune de Fqih Ben Salah et poursuivi en état d’arrestation, a fondu en larmes devant la Chambre criminelle de première instance chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Casablanca. Il a affirmé être la cible d’une campagne acharnée, l’accusant notamment d’être le propriétaire du supposé «palais du Kremlin», un projet touristique démoli pour des infractions urbanistiques. «Moubdiî a nié tout lien avec ce dossier, assurant être victime d’attaques systématiques provenant de parties inconnues», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 24 novembre.

Face au tribunal, l’élu a livré un témoignage empreint d’émotion, déclarant que «ces fausses informations le tuent alors qu’il est en prison». Il a ajouté que, si le parquet le poursuit, «il ne le protège pas de ceux qui dévorent sa chair, celle de ses enfants et de sa tribu». «Il a imploré le président de la Cour de le rétablir dans ses droits face à ceux qui diffusent, selon lui, des mensonges destinés à le discréditer», rapporte Assabah.

Cela s’est déroulé lors de l’audience de vendredi dernier, consacrée aux plaidoiries de la partie civile, représentée par la commune de Fqih Ben Salah. Son avocat, Saleh Mershdi, du barreau de Béni Mellal, a demandé la condamnation du principal mis en cause et de ses coaccusés conformément aux chefs d’inculpation, à l’ordonnance de renvoi et aux réquisitions du procureur général du Roi. Dans le cadre de l’action civile, il a réclamé la restitution d’environ 1 milliard de dirhams, montant correspondant selon lui aux fonds publics détournés ou dilapidés.

La défense de la commune a soutenu que les actes reprochés à l’ancien président ont privé la collectivité d’une véritable dynamique de développement, notamment en matière d’infrastructures, d’aménagement urbain et d’attractivité économique. Elle a rappelé que Fqih Ben Salah avait subi de lourds préjudices en raison de détournements présumés et de la mauvaise gestion des deniers publics. L’avocat a mentionné plusieurs irrégularités relevées durant les mandats de Moubdiî, dont le versement de sommes importantes à un fournisseur sans contrat ni cadre juridique, affirmant que ces éléments établissaient clairement la relation délictuelle et démontraient l’absence de respect des règles de passation des marchés publics.

Parmi les points soulevés figure également l’épisode de l’attestation médicale remise par Moubdiî afin de justifier son absence lors d’une convocation par la police judiciaire, dans le cadre d’une enquête menée sous la supervision du parquet. Selon Me Mershdi, un élément déterminant est apparu dans le procès-verbal de la police: au moment où le certificat lui a été délivré, Moubdiî se trouvait à Rabat, ce qui signifie qu’il n’a pas été examiné par le médecin ayant signé l’attestation. «Celle-ci aurait été obtenue à sa demande, ce qui, selon l’avocat, correspond aux conditions prévues par l’article 122 du Code pénal relatif à la falsification de certificats et documents médicaux », rapporte Assabah.

Par La Rédaction
Le 23/11/2025 à 19h58