Mieux vaut tard que jamais. Alors que les conséquences néfastes des intermédiaires et autres fraqchias sur les opérations commerciales au niveau des marchés de gros ont toujours été de notoriété, aussi bien pour les producteurs agricoles, les commerçants de gros et de détail, mais surtout pour le consommateur final, c’est aujourd’hui que le ministre de l’Intérieur a finalement décidé de sévir avec fermeté contre ce phénomène. Cette réaction bienvenue s’explique, selon le quotidien Assabah dans son édition du vendredi 13 février, par le fait que les prix des fruits et légumes, entre autres, commencent à frôler des niveaux de cherté jamais atteints.
Ainsi, une nouvelle démarche sera mise sur pied pour enrayer définitivement ce phénomène. Elle sera basée sur trois piliers: l’adoption d’une nouvelle législation en la matière, un nouveau mode de gestion ainsi qu’un process de vente maîtrisé et contrôlé dans toutes ses étapes.
À chaque crise, la même question s’est toujours posée: avons-nous besoin des intermédiaires dans les marchés de gros? Aujourd’hui, la réponse semble venir du ministère de l’Intérieur, en vertu de laquelle chaque région disposera d’un marché de gros, géré de façon moderne et sans la moindre intervention des spéculateurs, où les opérations commerciales se dérouleront en toute transparence. Une telle démarche aura pour effet salutaire la baisse des prix et une meilleure protection du consommateur, du producteur et de la filière dans son ensemble.
Selon Assabah, c’est le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui, dans un rapport consacré à la commercialisation des produits agricoles, a clairement préconisé de mettre fin immédiatement au phénomène des intermédiaires, qui prend de plus en plus d’ampleur et qui est à l’origine de la spéculation, au vu du nombre incalculable d’intervenants entre les producteurs et les commerçants.
Au Maroc, il existe actuellement quelque 30 marchés de gros structurés, en plus de 8 autres marchés parallèles non structurés. Ces marchés de gros réalisent un chiffre d’affaires annuel de 7 milliards de dirhams, selon des chiffres présentés récemment par le ministre de l’Intérieur devant le Parlement, ajoutant que 400 millions de dirhams vont dans les caisses des collectivités territoriales.
La nouvelle démarche du ministère de l’Intérieur visant à mettre fin aux intermédiaires et à la spéculation se fera en coordination avec les ministères de l’Agriculture et de l’Industrie et du Commerce, en vue de mettre en place 12 marchés de gros de nouvelle génération, dotés de tous les équipements et services nécessaires, avec des méthodes de travail et de gestion modernes.
Rabat sera bientôt dotée du premier modèle de marché de gros de nouvelle génération. Sa construction touche à sa fin, en attendant d’en doter les autres régions.
Pour leur part, les souks hebdomadaires sont au nombre de 828, dont 753 en milieu rural et le reste en milieu urbain. Ces marchés, malgré l’absence de toute infrastructure de base, sont le terrain de prédilection des intermédiaires et spéculateurs les plus voraces.






