Les syndicats les plus représentatifs envisagent désormais de boycotter les rounds du dialogue social en signe de protestation. «Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme un reniement des dispositions de l’accord scellé avec le gouvernement, lequel prévoyait l’organisation biannuelle de deux sessions, respectivement en avril et en septembre», rapporte Al Akhbar dans son édition du mardi 30 septembre.
Selon des sources syndicales, l’absence d’invitation formelle du gouvernement pour la session de septembre équivaut à une violation manifeste des termes contractés et représente un recul du principe de partenariat qui doit caractériser la relation entre l’exécutif et les représentants des salariés. Ces sources soulignent que les syndicats ont exprimé leur vif mécontentement face aux atermoiements gouvernementaux, rappelant que tout dialogue social perd sa substance si ses rendez-vous et ses engagements ne sont pas honorés.
D’autant que cette deuxième session devait être consacrée à un exercice d’évaluation des avancées réalisées depuis la rencontre d’avril, ainsi qu’à l’examen de dossiers pendants cruciaux: l’augmentation des salaires, l’amélioration du pouvoir d’achat et le développement des prestations sociales. Il était également prévu d’aborder la révision de certaines législations sociales et de convenir de mesures concernant la fonction publique et le secteur de l’enseignement.
Dans ce climat tendu, le secrétaire général de l’UMT, Miloudi Moukharik, a fustigé la décision du gouvernement, y voyant un renoncement à ses «engagements politiques et éthiques». Il a affirmé que son organisation refuserait que ce dialogue ne se transforme en de simples réunions protocolaires, dénuées de contenu substantiel. «Cette attitude, selon lui, envoie un message négatif aux travailleurs et exacerbe les tensions sociales», relaie Al Akhbar.
Face à cette impasse, les syndicats ont averti qu’ils étudieraient l’ensemble des options d’escalade à leur disposition si le gouvernement n’assume pas ses responsabilités. Parmi les mesures envisagées, figurent le boycott de toute future invitation au dialogue et l’organisation de diverses formes de protestation. La situation sociale reste donc ouverte à toutes les éventualités, les partenaires sociaux affirmant leur détermination à ne pas transiger dans la défense des droits et des acquis des salariés.








