Agences urbaines: le grand ménage avant la fin du mandat d’El Mansouri

Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.

Revue de presseÀ l’approche de la fin de la législature, le secteur de l’urbanisme retient son souffle. Entre plaintes d’investisseurs, soupçons de corruption, blocage de projets majeurs et instrumentalisation politique, la ministre Fatima Ezzahra El Mansouri s’apprêterait à engager une vaste réforme des agences urbaines, marquée par des nominations, des révocations et une refonte structurelle attendue de longue date. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 23/01/2026 à 19h34

Fatima Ezzahra El Mansouri s’apprête à effectuer un grand ménage au sein de certaines agences urbaines, en écartant des responsables influents accusés de bloquer des dossiers d’envergure liés directement à l’urbanisme et à l’investissement immobilier productif. C’est ce qu’indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 24 et 25 janvier, précisant que ces dossiers, parfois chiffrés en milliards, resteraient volontairement en suspens, sans validation ni visa, pour des raisons que les professionnels du secteur estiment désormais connues de tous.

Selon des sources bien informées citées par Assabah, le ministère de tutelle aurait reçu un flux important de plaintes et de réclamations détaillant les abus subis par des promoteurs immobiliers et des investisseurs de premier plan. Ces derniers dénoncent des pratiques de certains responsables, hommes et femmes, au sein d’agences urbaines, qui refuseraient d’approuver des projets structurants sans justification administrative claire, entravant ainsi l’investissement et la dynamique économique locale.

Après l’adoption définitive de la loi instituant les agences régionales, la ministre s’apprêterait à lancer un vaste mouvement de nominations à la tête des agences urbaines. Certaines d’entre elles auraient été transformées, selon les mêmes sources, en véritables «boîtes noires», alors même qu’elles sont chargées de missions centrales, notamment l’élaboration et la supervision des documents d’urbanisme. Il est avancé que la ministre dispose d’une connaissance précise des profils à ne pas reconduire, en particulier ceux autour desquels planent des soupçons de pratiques de type «donnant-donnant» et de corruption administrative.

L’objectif serait d’insuffler du sang neuf au sein de ces structures, de rouvrir des dossiers longtemps gelés et de mettre fin à des situations où, selon les critiques, l’opacité et les dérives auraient pris le pas sur l’intérêt général, écrit Assabah. Certaines agences sont ainsi accusées de pratiques et de dépassements contribuant à accroître la tension sociale et le mécontentement populaire, notamment à travers des décisions menaçant les moyens de subsistance des citoyens et leurs biens fonciers, en particulier les terrains nus, très convoités par des promoteurs immobiliers jugés voraces ou par leurs intermédiaires actifs au sein même des administrations de l’urbanisme.

Plusieurs acteurs de la chose publique locale, cités par Assabah, estiment que certaines agences urbaines freinent le développement local et entravent la rotation normale des économies territoriales. Des accusations récurrentes font état de dossiers de citoyens, notamment ceux liés au logement et aux grands projets immobiliers, maintenus en attente pendant de longues périodes, parfois sans motif valable.

Certaines doléances vont plus loin et accusent des responsables d’avoir instrumentalisé les agences urbaines à des fins politiques, au profit de «grands élus», reproduisant des scénarios déjà observés dans plusieurs villes comme Tanger, Fès, Marrakech, Taza, Rabat ou Tétouan. Dans ce contexte, les nominations attendues avant la fin de l’actuelle législature sont perçues comme un signal positif pour le secteur de l’urbanisme, d’autant plus qu’elles s’inscriraient dans une réforme plus large visant à restructurer les agences urbaines, à en réduire le nombre et à adapter leur fonctionnement aux exigences du développement local, en dépassant les rôles traditionnels qu’elles assument aujourd’hui.

Des changements profonds sont en préparation, dans un climat de grande discrétion, affirme ainsi Assabah. Ils incluraient l’élaboration d’une nouvelle liste de directeurs jugés compétents, la révocation d’autres responsables, ainsi que la reddition de comptes de certains fonctionnaires soupçonnés de s’être enrichis grâce à des dossiers immobiliers lucratifs, longtemps convoités par les opérateurs de l’urbanisme et de l’immobilier.

Par La Rédaction
Le 23/01/2026 à 19h34